ricochets

moi, c'est comme ça que je lis... et vous?

13 novembre 2009

le club des incorrigibles optimistes, J.M. Guenassia, Albin Michel

Le club des incorrigibles optimistes - Prix Goncourt des lycéens 2009 AH!!!! UNE LECTURE QUI VOUS EMPORTE!

"Le club" est un de ces romans qui vous embarque de la 1ere à la dernière ligne et que vous ne pouvez plus lâcher...

Il y a d'abord l'histoire initiatique d'un adolescent parisien de la fin des années 50, adorant le rock, les bouquins et le baby-foot. Sa famille est l'image même de la France de ces années-là: un père issu d'un milieu ouvrier plutôt ouvert et une mère riche, bourgeoise et rigide, un frère aîné  "penseur" et frondeur, une petite soeur casse-pieds. Un concentré détonnant...

Durant les innombrables heures qu'il passe au bistrot à jouer au baby, il va découvrir l'existence d'un club d'échecs uniquement composé d'exilés de l'empire soviétique, sur lequel flotte les ombres bienveillantes de Sartre et Kessel.

S'ensuivent alternativement les aventures de notre titi parisien et les 1001 histoires de ces drôles d'immigrés, tour à tour fantasques, abracadabrantes, drôles, dramatiques...c'est tout un monde qui s'ouvre à nous en même temps que sa fin inéluctable. De même que notre jeune adolescent verra son petit monde devenir bien plus compliqué.

Un bouquin fantastique qui vient de recevoir le Goncourt des Lycéens (quel bon goût!).

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10 octobre 2009

Mal tiempo, David Fauquemberg, Fayard

  LES PERDANTS MAGNIFIQUES

Nullarbor, premier roman De David Fauquemberg Une belle histoire d'hommes. Le face à face de deux boxeurs: l'un Français, "honnête mais digne", un bon boxeur mais sans l'étincelle de génie, l'autre Cubain, LE boxeur né, un talent à l'état pur, mais peut-être pas une machine à gagner pour autant. Le Français est fasciné par ce phénomène,  né pour boxer, qui le renvoie à sa condition de boxeur mais aussi d'homme tout simplement. 

Fauquemberg écrit ce roman comme un récit de voyage (on ne change pas les bonnes habitudes cf Nullabor) où l'on découvre d'ailleurs un Cuba très réaliste, et comme un voyage aussi au coeur du parcours de ces deux hommes jusqu'à la scène de boxe finale, ultime, magnifique qui clôt ce roman et l'ouvre sur d'autres possibles.

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07 septembre 2009

Yanvalou pour Charlie, Lyonel Trouillot, Actes Sud

LA TRAVERSEE DU MIROIR

Yanvalou pour CharlieLyonel Trouillot, écrivain Haïtien, nous embarque dans une histoire autour de l'identité, en particulier l'oubli, la falsification, le mensonge, les apparences.

Un jeune avocat, en passe d'être adoubé par la société, voit son avenir mis en danger par l'irruption d'un adolescent qui l'appelle par son prénom caché, Dieutor, un nom de la campagne. Ce gamin chamboule alors sa vie en faisant rejaillir son passé des plis de l'oubli. D'autres personnages vont comme se matérialiser du fait de cette irruption: un amour de jeunesse oublié, des enfants abandonnés, une fille-mère ignorée mais aimée (quel magnifique passage), un père fabulateur, de riches ados recherchant des "sensations" dans les bidonvilles"...C'est comme si, la lumière faite sur un homme révélaient des dizaines d'existences invisibles jusque là.

Un texte d'une grande beauté, à l'écriture maîtrisée et ensorcelante, très musicale comme le yanvalou, cette musique des origines.

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Les Veilleurs, Vincent Message, Le Seuil

ODE A L' IMAGINAIRE

Les Veilleurs Pour un 1er roman français, on reste scotchés! Vincent Message nous livre un roman dense, riche, au croisement entre plusieurs genres (policier, roman d'anticipation, fantastique).

L'action se passe à Regson, où un dénommé Nexus a assassiné de sang froid, au vu de tous, 3 personnes au hasard. Parmi les victimes, la maîtresse d'un homme politique qui engage un policier pour enquêter en douce sur Nexus. Ce policier va s'associer avec son psychiatre pour tenter de délier la langue du condamné. Pour ce faire, un huis clos en montagne s'engage entre les trois hommes...

Nexus commence à parler, mais ce qu'il a à dire n'est pas banal car cet homme poursuit une sorte de vie parallèle toutes les nuits dans ses rêves. Mais où ses rêves mènent-ils? et qui manipule qui?

Je ne peux en dire plus...il faut se laisser embarquer, manipuler par cette histoire, par ses mystères, au gré de l'imagination de son auteur. Il y a certes quelques petites longueurs vers la fin, mais quel immense plaisir que ce roman, rare dans la paysage littéraire français. Alors, si vous aimez les univers fantasmagorique à la Somoza, ne boudez pas votre plaisir et lisez!

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12 mars 2009

le navire poursuit sa route, Nordahl Grieg, Les Fondeurs de briques

navire
un roman maritime initiatique

 Les Fondeurs de briques nous offrent encore une petite merveille oubliée écrite dans les années 20 par un auteur norvégien.
Il s'agit du récit d'un jeune marin embarqué à bord d'un cargo en partance pour l'Afrique du Sud, un récit simple et profond à la fois qui nous plonge dans le quotidien des marins: le travail harassant, les dangers venant de la mer ou du bateau, la camaraderie, les disputes, les rivalités entre les équipes...toute une société en miniature.
C'est aussi leurs joies et leurs peines, les lettres tant attendues, les femmes laissées au port, leurs rêves, leurs espoirs déçus.
Et, toujours, plane sur eux l'ombre de la mort (celle du camarade accidenté, la menace des maladies vénériennes) et du temps qui passe, l'idée que leur vie n'est qu'une goutte d'eau dans le vaste monde, que leur mort n'en changera en rien le ...et que le navire poursuit sa route.

Une réflexion riche, profondément humaine et à portée universelle.

 

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Les Sortilèges de l'Ouest, Rob Schultheis, Gallmeister

sortilegesLaissez-vous envoûter...


...encore et toujours par l'Ouest sauvage.

Un point de vue différent de celui d'Abbey (précédemment cité) à qui on peut reconnaître une forte tendance à la misanthropie, à l'ironie mordante et même à la mauvaise foi (qui font le charme de son personnage!), Rob Schultheis lui est plus "humain", moins asocial.

Il aime autant l'Ouest que les gens qui y vivent, notamment les indiens. Il essaie de comprendre leurs modes de vie actuels et passés, leurs rites, leurs liens avec la nature. Enfant de la beat generation, on sent l'auteur ouvert à la magie des lieux, aux expériences chamaniques. Ne s'arrêtant pas aux frontières des Etats-Unis, il nous emmène au Mexique à la rencontre d'Indiens vivant encore (pour combien de temps?) comme à l'âge de pierre.

Lui aussi a parcouru ces grands espaces en tous sens et  connaît parfaitement le fragile équilibre qui les régit. Il dénonce l'utilisation et le détournement abusif de l'eau par les grandes villes californiennes qui ne voient pas le désastre écologique auquel elles participent.

Un magnifique récit poétique, magique mais néanmoins réaliste.

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12 janvier 2009

Paris-Brest, Tanguy Viel, éd. de Minuit

viel

                        

La naissance d'un écrivain


L'ambition première du romancier était d'écrire un "roman familial", quoi de plus banal? et il y parvient très bien. Les personnages sont traités sans complaisance, quelque soit leur proximité avec le narrateur, et il faut dire que l'histoire familiale se prête au roman.

Imaginez un homme, entraîneur de l'équipe de foot de Brest (alors au summum), obligé de quitter sa chère ville pour malversation financière, fuyant le navire à temps pour se réfugier avec sa famille dans le Sud (l'horreur suprême), sauf son fils ainé (le narrateur) qui reste veiller sa grand-mère. Ladite grand-mère ayant hérité d'une grosse fortune d'un vieux monsieur très digne dont elle a partagé les dernières années, ce qui ajoute encore à l'humiliation des parents. Sa mère n'est pas mécontente qu'il reste, il est pour elle une sorte de pion qu'elle place à bon escient au plus près de ses intérêts.

La seule chose qui l'inquiète, c'est la présence du fils Kermeur, un mauvais garçon dont la mère n'est autre que la femme de ménage de la grand-mère, une femme qui a quelques raisons de lui en vouloir.

Voilà donc les personnages installés, ne manque plus que le décor: Brest. Et là, je dois dire (pour y avoir vécu un peu) que cette ville est vraiment très bien décrite. Brest la moche, la venteuse, la blanche, qui donne des envies de liberté.

L'originalité c'est qu'il y a 2 livres en un: la vraie histoire et le roman familial qui reprend les mêmes  faits de  façon un peu plus romanesque. Il y a un jeu constant entre les deux versions, la vérité se situant à parts égales car la fiction, même si elle modifie le réel, le donne à voir plus crûment.

On assiste  à la naissance d'un écrivain: le besoin de sortir d'une famille étouffante jouant le rôle du révélateur pour un jeune homme qui sait qu'il sera écrivain depuis l'âge de 9 ans (c'était ça, ou le foot...)

"Alors je ne sais plus aujourd'hui quel jour plus qu'un autre a voulu que les choses changent, mais je sais que désormais dans ma tête tout se mélange comme un très long présent qui porte à force égale les années et les heures, que l'idée de Paris et le vent dans les rues, que le rire de Kermeur et les marées furieuses, tout se tient là, sous mon crâne, comme les parois d'une bibliothèque qu'on aurait renversée."



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23 octobre 2008

shibumi, Trevanian, éd. Gallmeister

shibumi
UN TRÈS GRAND POLAR,
PLUS QU'UN POLAR,
UN LIVRE UNIQUE!!!

Lire Shibumi, c'est partir pour un long voyage...
Ça commence comme un roman d'espionnage classique, dans les années 70-80, avec des secrets d'états, des terroristes,  la CIA and co, bref...pas ma tasse de thé!
Et c'est alors qu'apparaît Nicholaï Hel: un apatride blanc élevé comme un asiatique, extrêmement doué pour le jeu de Go, polyglotte, éduqué à la fois par la bonne société et par la rue, ayant pour père adoptif un général japonais,  enclin naturellement aux expériences mystiques et tentant d'atteindre le shibumi (cet art du raffinement réduit à une  extrême simplicité) et, plus tard, passionné de spéléologie...ah! j'oubliais, à ces heures perdues, il est aussi le tueur à gages le plus mystérieux et le plus recherché de la planète.
De chapitre en chapitre, c'est un réel roman initiatique qui se dessine, nous dévoilant peu à peu toutes les facettes de ce personnage hors du commun qui nous entraîne jusqu'à son repaire basque: un vieux château qu'il a rénové, un jardin japonais en perpétuelle création, Hana, sa "concubine" afro-asiatique, experte dans les jeux amoureux très sophistiqués et Le Cagot, l'archétype du basque vantard, outrancié et dévoué (je l'adore!!!). Entre ses amis et les explorations dans les grottes pyrénéennes, il semble avoir trouver la paix. Mais c'est compter sur une terroriste pimbêche qui cherche son aide et les vieux renards de la Mother Company qui veulent régler leurs comptes avec lui.
D'un polar classique, on est donc passé par le roman initiatique, par l'amère constat des dégâts culturels apportés par les Américains au Japon, par la critique acerbe de l'omnipotence de l'Occident, par du Nature Writing au fond des grottes pyrénéennes, par l'art du jardin japonais, de la méditation et de l'amour.
Ce roman est vraiment d'une incroyable richesse et je vous assure que ça vaut vraiment le coup de passer au-delà des premiers chapitres à priori "ennuyeux". Vous m'en direz des nouvelles!!
Le gros problème, c'est de lire autre chose après ça: j'ai écumé 4 bouquins avant d'en trouver un qui vaille...Laissez-moi souffler chez Gallmeister, la barre est trop haute!!!

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07 octobre 2008

Deux testaments, Serge Filippini, Phébus

 UNE BONNE LECTURE

Ah! un bon roman comme on les aime et qu'on dévore de la première à la dernière page.

2test

Ce roman  retrace la vie d'un jeune juïf français athée depuis les années 30 jusqu'à la fin de la guerre. Issu d'une famille aux liens des plus disparates avec la religion (il a même un cousin communiste), il sera pourtant poursuivi  toute sa vie par les questions de religion.
L'auteur parle de la famille, de l'amour, de la guerre, de l'amitié, de la trahison...tous les ingrédients qui font de ce roman un récit initiatique passionnant. Une lecture à conseiller à tous!

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06 septembre 2008

Ricochets de ...pirates!

Oui, je l'avoue à ma grande honte:

Je n'ai lu l'Ile au trésor de Stevenson qu'il y a 2 ans, soit à un peu plus de 30 balais! mais, comprenez-moi, j'ai vécu une enfance pauvre (en livres...), pas une seule bibliothèque ou librairie à des kilomètres à la ronde (je ne savais même pas ce que c'était!), réduite à lire avec avidité les bouquins de mes frères et soeurs: à peu près 10 fois la Guerre du feu, 20 fois les Club des cinq, 30 fois ce cher Brave Duke (cherchez pas, personne ne connaît!), des contes lus, lus et relus (même pas en version intégrale), leurs prescriptions scolaires (les Séquestrés d'Altona de Sartre, la Dentellière de Lainé, des Molière à donf...), déprimant...

Bon, trêve d'apitoiement, j'essaie maintenant de me rattraper et donc ...L'Ile au trésor
tresor...eh, ben! j'ai adoré, j'ai eu l'impression d'avoir 10 ans, de vivre une aventure fabuleuse, d'être moi-même un pirate! C'était génial!

Et, je ne me suis pas arrêté là: sur les conseils de chères collègues (merci "la Grande), j'ai découvert Moonfleet de Falknermoonfleet. Pas vraiment de la piraterie, plutôt une histoire de contrebandiers anglais à ne pas dormir de la nuit! Ah, la scène de la crypte et de la falaise, j'en frémis encore...en passant, j'en veux toujours à mon chéri qui l'a perdu dans la gare de Rennes, enfin, il a dû faire un heureux!

ile_perroquets

Ensuite vint L'île des Perroquets de Robert Margerit: un vrai roman de pirates, avec l'initiation d'un jeune homme aux règles du métier, plein de péripéties, un trésor, une île et tout, et tout...un vrai bonheur!


Comme j'ai vraiment aimé Stevenson, j'ai lu aussi son Maître de Ballantrae: une sombre histoire entre 2 maitrefrères écossais, presque des doubles inversés, l'un incarnant le Bien, l'autre le Mal, le tout arrosé de multiples aventures (dont une mémorable traversée en mer...avec des ...pirates!), des aventures en pagaille. Bon, j'ai préféré l'île au trésor (on aura compris), mais c'est un roman très riche qui vaut le détour.

Par hasard, un client de la librairie m'a signalé une biographie de Fanny Stevenson (la femme de ..) qu'il avait beaucoup aimé. Qu'est-ce que j'ai fait? je me suis précipitée! et j'ai bien fait...cette fannyfemme-là était exceptionnelle, en avance sur son temps, passionnée. Elle a tout de suite reconnu le talent de Stevenson et l'a encouragé dans son oeuvre. J'avoue que ce livre m'a fait pleurer comme je n'avais jamais pleurer  (et pourtant je ne suis pas du tout larme-à-l'oeil)en lisant une lettre (une vraie) de Fanny Stevenson racontant la mort de son fils.

Pour m'égayer après ça, est venu ce dingue d'anglais de Gidéon Defoe et sa série des Pirates! au éd. du Dilletante. Alors là, imaginez les Monthy Python chez les pirates, c'est tout à fait çà: totalement irrévérencieux et irrespectueux avec les pirates, c'est lamentable, il faudrait prévenir Long John Silver..mais c'est tellement drôle!!!

                                  

pirates1pirates2
                " Quinze marins sur la bahut du mort, yop, ya yo et une bouteille de rhum!"


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