fioul_def-270x388Noir poisseux

Stéphane Grangier que j'avais découvert avec Hollywood-Plomodiern, un road-movie breton poilant et un brin déjanté, et Rachel Lanester 76, très court texte poétique et violent à la fois, m'a bluffé avec ce roman à la construction savamment orchestrée et par l'ambition qu'il s'est donnée.

On y retrouve les thèmes chers à l'auteur: donner la parole aux cabossés de la vie, faire surgir la beauté là où on ne l'attend pas, décaper le vernis pour montrer l'ignominie.

Le début, très drôle, doit être un clin d'oeil au film Le Magnifique: vous souvenez-vous de cet écrivain sans le sou qui écrit des histoires d'agent secret? C'est un peu ça...en pire! On y rajoute l'alcool, la drogue et tutti quanti! On va suivre les mésaventures irrésumables de cet écrivain  raté qui se retrouve dans une sale affaire après avoir porté secours à une prostituée camée. Le reste est une fuite en avant mêlant des flics ripoux ou pas, des truands vraiment méchants, de grands chefs d'entreprise cyniques, une auto-stoppeuse sexy... une foule de personnages secondaires qui viennent habiter ce roman très noir avec leurs histoires en parallèle.

L'écriture de Grangier est comme un uppercut: directe, noire, trash (j'avoue que j'ai passé certains passages, trop hard pour moi!). Un style à ne pas mettre entre toutes les mains mais, pour ceux qui n'ont pas froid aux yeux, l'occasion de découvrir ce que j'aime chez S. Grangier: toute l'humanité que l'on ressent derrière ses histoires et son écriture.

Le début ici (aperçu)

une critique sur le blog Nyctalopes (on peut difficilement faire mieux!)