Petit Sachem a lu

Aquarium, David Vann, Gallmeister

20161107_160125Changement  de décor pour ce nouveau  roman de David Vann: pas d'île désolée, pas de grands espaces menaçants mais une banlieue sombre de Seattle, broyeuse de vies.

Caitlin y vit avec sa mère, une femme abîmée par la vie qui cumule les heures de travail pour s'occuper le mieux possible de sa fille. Dans ses moments de solitude,  Caitlin trouve  refuge et quiétude à l'aquarium local. Sa rencontre avec un vieil homme va déclencher un tsunami familial.

Si David Vann tourne la page de son "cycle" sur la famille et les armes à feu, il continue d'explorer le sujet des familles  dysfonctionnelles. Avant de le lire, j'avais beaucoup entendu dire que ce roman marquait un tournant dans son oeuvre mais quand je suis arrivée à un certain passage (je ne veux pas en dire trop), j'ai  bien cru que ce qui fait la marque de fabrique de David Vann, à savoir l'irruption d'un véritable cauchemar éveillé qu'on ne souhaiterait pas à son pire ennemi, recommençait... Et quand on sait jusqu'au peuvent aller ces cauchemars, on frémit, on lit la peur au ventre.

Mais, effectivement, il y a bien un tournant dans ce livre empli d'émotions contradictoires, de souffrances, de haine et d'amour... manqué, perdu, recherché, rejeté.

Lire ce roman, c'est se prendre toutes ces émotions en pleine face, ce qui est une constante chez David Vann (vous serez prévenus).

Traduit par Laura Derajinski

(Et les dessins de poissons sont de qui?)

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Ouest américain*6: vers le Nord de l'Utah

De Moab à Vernal (itinéraire ici)

C'est avec un petit pincement au coeur que nous quittons Moab ce matin.

Avant  de partir, on fait une razzia au Walker Drug: matériel en prévision de nos nuits en camping dans des "cabins", souvenirs, cartes postales et cartes d'anniversaire (il y a un rayon de cartes spéciales pour les soldats assez incroyables, un truc qu'on ne voit pas chez nous!).

Allez, 10h, on y va: on a 215 miles à a faire (4h30). A la sortie de la ville, on rate presque la sortie pour la route 128 mais Olivier, grâce à un dérapage de folie mais maîtrisé (mon coeur est sorti de ma cage thoracique!),  nous remet dans le droit chemin. Cette route passe entre les falaises rouges et le fameux Colorado: splendide! C'est une belle façon de quitter petit à petit ces lieux magiques.

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J'ai le nez sur la carte pour ne pas rater la piste qui nous mène aux Fisher Towers. Une piste! Olivier est aux anges! On est bien content d'avoir un SUV. Tiens, j'ai vu un serpent traverser juste devant la voiture... (une petite pensée pour Gilles). On aperçoit les Fishers Towers au fond (des monolithes de plis de 200 mètres des haut), mais ce qu'on préfère sur cette piste, c'est le paysage au fond à droite: on se croirait à Monument Valley...

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On passe le Colorado et le paysage devient de plus en plus désertique (avec des canalisations pour le pétrole partout): on prie pour ne pas tomber en panne ici... On traverse d'ailleurs une sorte de village fantôme, Cisco, qui nous froid dans le dos, avant de rejoindre l'autoroute I70. Comme dans les films, je vois des boules de buissons séchés poussés par le vent (Clint va débarquer!).

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Bon, le GPS a eu du mal à trouver la bonne route, la 139 qui doit nous faire passer les Roan Cliffs par un col à 2520 mètres. Après quelques minutes d'énervement, on y arrive! Comme on nous l'avait dit: chaque petite bourgade a son parc où on peut pique-niquer à l'ombre: on trouve notre bonheur à Loma. Les montagnes s'élevent au fond de longues lignes droites parsemées de petites fermes (je prends des photos pour mes parents).

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La route commence à s'élever gentiment, mais négocier des pentes avec une automatique c'est un peu déroutant, heureusement Olivier maîtrise à la perfection le passage en manuel! La vue après le col de Douglass Pass est très belle. Les sommets culminent entre 2500 et 3000 mètres mais ne ressemblent pas du tout à nos alpages bucoliques. Ici, la montagne est sèche, assez désertique. Pas mal de camions sur cette route (cette fois, on pense au film  de Spielberg, "Duel").

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Revenus sur le plateau, pause-café à Rangely dans un petit dinner familial typiquement américain avec des vieilles photos de la ville autrefois. Ca fait du bien! enfin, le café aussi est américain et ça, c'est un problème! On se dit qu'avec les distances de fous qu'il y a entre chaque ville et le peu de services que semblent offrir celle-ci: 1, ça ne doit pas être facile d'être ado ici et 2, on comprend leur amour des bagnoles qui sont synonymes de liberté.

Vernal: visite de la carrière de fossiles de Dinosaur National Monument au dessus de la Green River. Une ranger nous donne quelques explications sur le site (en anglais). Ce n'est pas une visite indispensable mais c'est sur la route. J'avais prévu de suivre une route qui mène à des pétroglyphes, mais on est un peu fatigués et on préfère rejoindre notre hôtel (erreur!).

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Une jolie route de campagne nous mène à Vernal où l'on doit faire étape. Alors, l'hôtel... bon, on y a dormi mais il n'aura pas la meilleure note! On se souviendra de cette entêtante odeur de désodorisant censée cachée une autre odeur, beurk.

On va manger en ville pour s'aérer, enfin, on a dû louper le centre-ville quelque part... On hésite entre toutes les chaînes de fast-food et on finit par se rabattre sur une sorte de brasserie (JB's) qui a l'air déserte (mais se remplira peu à peu).

Ce repas restera surtout dans nos souvenirs à cause de la boisson choisie par Olivier pour la 1ère et dernière fois: de la root beer, tout un programme!!! On en a bu pendant tout le repas (regrettant à chaque fois chaque nouvelle gorgée, sans alcool) juste pour pouvoir mettre un mot sur l'étrange sensation que l'on ressent en buvant cette boisson et sur cette question lancinante qui vous obsède peu à peu: "mais c'est quoi, ce goût???" Moi, ça me rappelle un médicament, mais lequel? Dire que nous n'en avons pas rapporté, zut. Mais je vois qu'on peut en acheter ici, chic!

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Ah! j'ai oublié de dire qu'à la table voisine, un monsieur avait une arme à son ceinturon. 1ère et dernière fois aussi.

4-2014-08-08 20 Oui, je sais: il y a des trous partout dans ce post et alors? Vous avez vu mon regard? Faut pas me chercher après une root beer...

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Ouest américain*4: Arches

7 août: Parc national de Arches...attention, vous allez tomber amoureux!

Mille merveilles à voir dans ce parc, alors réveil à 6h, départ à 6h48 et arrivée au parc à 7h08! (74° F)

Grâce aux forums de Road Trippin et Voyage Forum, je sais qu'il faut traverser les 24 km de long du parc sans se laisser distraire par toutes les beautés que nous croisons pour profiter de ce lieu magique au mieux et pour anticiper une chaleur réputée mortelle! Alors, on y va tout schuss en s'extasiant sur le paysage!

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Arrivée au parking de Devil's Garden à 7h55: on débute notre rando vers Landscape Arch à la fraîche dans de petits canyons. Nous frissonnons presque de froid, quel délice! Chemins sablonneux, grands pans de falaises rouges, quelques cris d'oiseaux... c'est le bonheur

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Juste avant l'arche, notre 1er chipmunk: Corentin craque complètement pour ces bestioles, et il y a de quoi...

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Landscape Arch, la plus grande arche du monde: elle est à la fois majestueuse et fragile.

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Un chemin continue que nous ne prendrons pas (des regrets, mais je pense que c'était quand même la bonne décision car ça va bientôt chauffer!). On rebrousse donc chemin, en prenant quelques sentiers de traverse vers Tunnel Arch

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et la délicieuse Pine Tree Arch (juste derrière, il y a un véritable terrain de glisse parfait pour un enfant de presque 10 ans, chut!)

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Sur le chemin du retour, le nombre de touristes commence à augmenter. J'ai l'impression qu'on est les seuls à remarquer ces lapins, lézards et autres bestioles!

On reprend la voiture pour aller vers un de ses endroits qui reste à jamais gravé dans votre coeur: Sand Dune Arch. Au milieu d'une barre rocheuse, un étroit canyon au sol de sable fin nous mène vers ce lieu magique:

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Il n'y a presque personne: "Luxe, calme et volupté"

J'adore la vallée que nous suivons: un désert oui, mais je trouve ses couleurs splendides:

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Pause pique-nique en avance sur tout le monde: on profite de l'ombre pour nous seuls. Normalement, sur cette photo, un détail doit vous sauter aux yeux, enfin nous (et surtout Corentin), on a trouvé ça un poil provocateur dans un désert!

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Gros morceau de la journée, le secteur des Windows: il y a des arches dans tous les coins... et beaucoup  de touristes... on arrive à trouver une place sur le parking, on fait le plein d'eau et c'est parti vers North Windows (pleine de monde) et South Windows (plus tranquille).

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C'est là qu'Olivier a l'idée d'aller vers notre prochaine destination (Double Arch) en passant par l'arrière de South Windows. Pour ceux qui connaissent, on prend un bout du Primitive Loop. On est en plein cagnard! Oui, mon chéri, c'est beau, oui... En fait, je pense qu'il a voulu se débarrasser de moi. Mais je marche plus vite que mon ombre (ça tombe bien, y'en a pas!): j'ai l'impression de courir sur des braises ardentes et de cuire du bas vers le haut (on l'inverse?). Vite, à l'ombre!!

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Bon, j'ai survécu. Juste en face de nous, Double Arch (pour les fans d'Indiana Jones, on la voit au début de la Dernière Croisade). Ce n'est pas très loin en fait, mais il faut d'abord aller se ravitailler en eau dans la voiture (elle est à T° ambiante mais on s'en fiche).

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On y est arrivé, on profite longtemps de l'ombre sous cette grande arche.

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Mais la chaleur a commencé à attaquer le cerveau de la mère et du fils: mes doigts ont gonflé et on dirait des saucisses. Du coup, on commence à délirer et à tout voir sous formes de saucisses, chipos et autres merguez! Corentin invente même un nouveau système pour l'heure: on ne dit plus "il est 13 heures et 45 minutes" mais "13 saucisses et 45 merguez"! Oui, ça m'a fait rire mais je n'ais plus toutes mes facultés mentales... J'ai même cru voir une limousine sur le parking! Hallucination ou pas??? 1-CIMG5938

Il est 14h: la chaleur est intenable (pour nous en tout cas). Fuyons d'ici et précipitons-nous dans la piscine!

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même si la journée n'est pas terminée...

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Ouest américain*3: Canyonlands

 

 

6 août: finie la rigolade, c'est parti pour le dépaysement total!

Réveil matinal, on profite du décalage horaire et d'être les 1ers au p'tit déj (on fait abstraction des donuts et autres pâtisseries douteuses, mais qu'est-ce que c'est que ces céréales bleues, roses et vertes??)

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Programme de la journée: Canyonlands sur le plateau du Colorado! Nous n'en ferons qu'une petite partie, Island is the Sky, car ce parc est immense. La route est déjà une merveille et il ne fait que 71° Fahrenheit à 7h30 (21° Celsius).

Un petit arrêt pour admirer le point de vue sur le Shaifer Trail: vertigineux! On y va... ou pas.

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Et on commence par une balade très agréable, à la fraîche, vers notre 1ère arche de grès rouge, Mesa Arch. Je n'ai rien dit à Olivier et Corentin, ils ont la surprise! Quelle beauté et, en plus, il n'y a presque personne.

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En chemin, nous voyons nos 1ers écureuils, lézards et compagnie (à bien y regarder, ces lieux à priori inhospitaliers grouillent de vie).

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Bon, passons aux choses sérieuses: Island in The Sky est aussi appelé le "petit Grand Canyon" et voilà pourquoi! C'est tellement gigantesque qu'il n'y a rien à dire...

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Nous partons en bordure de falaises pour une petite promenade d'1 h. A l'aller: la vue, l'immensité, le vent nous donnent des ailes! Au retour: Corentin et moi sommes au bord de l'apoplexie :( il est 11h et j'ai l'impression de cuire sur place, plus de souffle, suis toute rouge, Corentin se traîne lamentablement...  C'est sûr, on va crever là, après 40 ans, t'es plus rien de toute façon!! Bon, en fait, tout s'explique: on est à presque 2000 mètres d'altitude et on est presque dans le désert... Pendant ce temps là, Olivier ne souffre pas, lui!!

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Un pique-nique, de l'eau fraîche (glacière, je t'aime) et ça repart... un peu! De quoi nous régaler de la vue sublimissime de Green River Overlook: les méandres de la rivière en contrebas, et tout au fond, The Maze, endroit mythique pour les lecteurs du Gang de la clé à molette... C'est grisant d'être ici!

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On finit par Dead Horse State Point, à quelques centaines de mètres au-dessus du Colorado.

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De l'autre côté, une vision surréaliste: des bassin d'un bleu irréel... en fait, les bassins de mines de potasse (d'où le nombre de camions et l'immense train de marchandise). Je cite Corentin: "c'est beau mais c'est chimique... mais c'est beau"

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Il est 14h, la chaleur (96° F) devient très difficile pour 2 membres de cette famille (le 3ème doit venir d'une autre planète). 36-DSC_0314

Vite, la piscine de l'hôtel!!!

Olivier poursuivra son rêve de piste en empruntant une route qui longe le Colorado pour monter jusqu'à Island in the Sky (bon, il fera juste quelques km...). Ça mérite une bonne bière fraîche!

 

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11 décembre 2016

Frank Sinatra dans un mixeur, Matthew McBride, éd. Gallmeister

20161211_095246Si vous aimez Fargo des frères Coen, vous allez aimer ce roman noir et drôle! Un indice: le Frank Sinatra du titre est un chien...

Son  propriétaire, Nick Valentine, est un ex-flic devenu détective privé. Il vit avec son chien (un mélange de yorkshire et d’on ne sait quoi, la prunelle de ses yeux) dans un appartement à son image: un rien négligé, affranchi des règles d'hygiène élémentaires. Il possède un don particulier: celui de pouvoir absorber un nombre faramineux de boissons en tous genres agrémentées de cachets réduits en poudre. De quoi garder ses sens en éveil!

Et il va en avoir besoin pour pister un magot perdu recherché également par 2 malfrats, aussi cinglés que violents. S'ensuit alors une course poursuite délirante, de plus en plus imbibée...

Matthew McBride n'y va pas de main morte dans ce roman noir à la plume alerte: des scènes gore, une certaine idée de la morale et de l'honneur. Âmes sensibles s'abstenir, les autres vont se régaler!

Collection Néonoir, traduit par Laurent Bury

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14 novembre 2016

Le galop du vent sous le ciel infini, David Lefevre, éd. Le Passeur

20161107_160142Chroniques des terres australes

Le nouveau livre de David Lefevre parle bien évidemment de Patagonie avec la profondeur et l'exigence de vérité qui le caractérisent.

Il nous convie à un retour aux sources de sa fascination pour cette terre reculée: ses lectures, les récits de voyage puis ses propres voyages. En quête d’histoires, de l’Histoire, d'absolu? Loin des voyages de cartes postales en tout cas... Un gaucho lui dira ceci: "Tu en reviendras la peau et l'esprit burinés, mais tu sauras ce que la nature réserve à ceux qui s'approchent d'elle en la regardant".

Au delà de ces considérations existentielles, ce que j'ai particulièrement aimé c'est sa faculté à nous faire vivre ses rencontres comme si nous y étions, une impression de toucher du doigt l'âme de ces gens à des milliers de kilomètres de nous. Comme ce couple de l’île de Chiloé, qu'il appelle du doux nom d’oncle et tante, et leurs histoires de fantômes et d’un terrible  tremblement de terre. Ou encore cet improbable fermier/archéologue aux méthodes peu orthodoxes.  Et une très zélée bibliothécaire qui lui fait presque prendre ses jambes à son coup!

Tout cela avant de nous emmener sur les traces du célèbre Bruce Chatwin qui popularisa cette lointaine contrée et fit naître bien des vocations de voyageurs. Mais qu'en disent les premiers concernés? Les avis sont très partagés... David mène une passionnante enquête entre fiction et réalité, entrecoupée par d'autres destins et histoires étonnantes comme celle du Dresden, un navire de guerre au coeur d'un imbroglio diplomatique.

Pour voyager dans le coeur et dans la tête...

 

 

 

 

 

 

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02 octobre 2016

Le nom des étoiles, Pete Fromm, Gallmeister

20161002_083935 Le livre qui a illuminé mon été

Alternant les époques, des années 70-80 aux années 2000, on découvre un Pete Fromm plus profond que dans son 1er récit, Indian Creek (normal, il n'a plus 20 ans). Il nous amène vraiment au coeur de ce qui guide sa vie.

Missoula 2004: papa gâteau de 2 garçons, une opportunité s’offre à lui, similaire à celle de 1978 qui l'a mené à  passer 7 mois d'hiver dans les Rocheuses pour surveiller des oeufs de saumon (et à écrire un bouquin génial!). Un mois cette fois, un printemps. Et s'il embarquait ses enfants avec lui? 2 petits Davy Crockett nourris au biberon de ces aventures qui ne demandent que ça!

Réponse lapidaire mais au combien sensée de sa femme: "Les grizzlys, dit-elle". Eh oui! Les grizzlys....

Je ne vous en dit pas plus sur les préparatifs, ce qui m'a bouleversé dans ce livre c'est le portrait qu'il fait de lui enfant: ses parents avaient senti chez lui une différence, une farouche envie de solitude, de se fondre dans la nature et ils lui offrirent des moments de robinsonnade: une véritable soupape de survie pour lui.

On découvre aussi son parcours après Indian Creek, ses errements et petits boulots dans les parcs nationaux de l’ouest, des rencontres fondamentales qui le guideront vers son vrai chemin, celui de l'écriture. Et sa femme, ses enfants: c'est vraiment un père à 200%, viscéralement accroché à ses garçons, se négligeant, se sacrifiant pour eux. On lit souvent ce genre de confidence de la part d'une mère mais d'un père, avec cette intensité, je ne crois pas encore en avoir lu.

Que vous connaissiez déjà ou pas Pete Fromm, il faut absolument lire ce livre.

Et les grizzlys? Je vous promets quelques passages à vous faire dresser les cheveux sur la tête...

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01 août 2016

Dernière partition, Isabelle Amonou, éd. Belle Lurette

amonouChaque jour, Michel  se rend sur une petite île bretonne pour recueillir les souvenirs d'un pianiste de renom,  Simon Kerjean. Cette activité d'écrivain public n'est qu'un pis aller pour Michel en attendant d'écrire vraiment.

Heureusement, Simon Kerjean a eu une vie passionnante. Son existence est irrémediablement reliée à celle de son  mentor: le célèbre pianiste, Paul Wittgenstein  (qui a vraiment existé). Wittgenstein perdit son bras gauche pendant la première guerre mondiale mais continua à jouer des partitions pour main gauche écrites par de grands compositeurs.

Les rencontres entre Michel et Simon sont stoppées net le jour où Michel trouve le cadavre du pianiste sur la plage, après avoir entr'aperçu une étrange silhouette. Il fait alors connaissance avec la famille de Simon et, par là même, de ses zones d'ombre... 

Un roman qui m'a passionné: entre histoire de filiations et d'amours tragiques. La musique y est bien sûr omniprésente, surtout en la personne de Paul  Wittgenstein. Un personnage a tellement fasciné Isabelle Amonou qu'elle envisage sérieusement d'en écrire la biographie (que j'ai hâte de lire!).

Une écriture "à l'os": des phrases courtes, sans fioritures, qui vont droit au but, au plus profond de l'âme de ses personnages.

Publié par un tout petit éditeur (pas facile à trouver) mais disponible dans votre bibliothèque préférée ;-)

 

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25 juillet 2016

Val sans retour, Les enquêtes de Léo Tanguy, Isabelle Amonou, Coop Breizh

Leo_tanguy_10 J'ai eu  grand plaisir à lire ce roman policier d’Isabelle Amonou, invitée aux 30 ans de la bibliothèque. J'avoue que j'ai quelques à priori envers les policiers régionaux mais celui ci sort du lot: il fait partie d'une série initiée par un quartet d’auteurs, le personnage de  Léo Tanguy étant confié aux bons soins d'écrivains de qualité  d’univers et de styles variés (il y a du Pouy derrière ça! ).

Écrit en 2010, l'histoire se passe en 2016, plus précisément en novembre,  c'est donc encore un roman d'anticipation!

Le chantier de la deuxième rame du métro  rennais provoque une macabre découverte. Leo est alerté par un mystérieux indic.

Sur fond de montée  du fascisme et de délation ordinaire, il enquête sur l'entourage d'une jeune tchétchene reconduite à la frontière.

J'ai  beaucoup aimé cette histoire bien écrite et malheureusement vraisemblable aujourd'hui. Et ce personnage de Léo, un peu pataud mais séducteur malgré tout, est très attachant et inattendu: entre lanceur d'alerte, reporter et défenseur des causes perdues. Ue grande humanité se dégage de lui.

Si vous passez en Bretagne cet été, vous pouvez lire cette série sans hésiter!

A noter après 15 volumes chez Coop Breizh,  les éditions La Gidouille prennent la suite: c’est bien... mais pourquoi des couvertures aussi... laides et ressemblant tellement aux autres polars bretons, alors que ce n'est pas du tout pour le même public? Dommage ;)

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02 juin 2016

La tâche de vin, Didier Lahais, éd. La Part commune

tache de vinLa révolution de velours

Didier Lahais poursuit son oeuvre dans un style à la fois sensible, subtil et toujours très social.

Bientôt le 1er mai: dans un nouveau quartier de Rennes, qui a vu sa population d'origine reléguée au-delà de la rocade dans les communes des alentours et l'arrivée de nouveaux habitants plus fortunés, Stéphane et Jerôme préparent une  journée censée faire le lien entre le passé et l'avenir, entre deux milieux que rien ne relie.

Mais une banale tâche de vin sur la chemise blanche de Jerôme remet tout en cause.

Stéphane va alors renouer avec ses origines modestes et ouvrir les yeux sur les discours d'usage et les mots creux en vigueur.

Didier Lahais a le don d'écrire les choses simples et de vous retourner le coeur dans le même temps. Fin observateur des mutations sociales de son époque, hypersensible aux injustices quotidiennes, il pourrait déverser sa colère dans des textes rageurs mais non, il préfère des mots simples, poétiques, sereins et c'est ainsi qu'il cueille son lecteur dans une authentique émotion.

Et Didier Lahais sera présent pour les 30 ans de la bibliotèque à Châteaubourg dimanche 5 juin!

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