Petit Sachem a lu

15 avril 2018

Face au vent, Jim Lynch, éd. Gallmeister

1449-cover-wind-59df6a453cd3e (1)Il faut croire que je suis tombée dans un vrai traquenard:

-primo, ce roman est publié par Gallmeister (oui, je suis accro mais je reste critique!)

-deuzio, des personnages qui citent d'emblée Slocum et Moitessier (rois des mers) et plus loin Edward Abbey (roi de l'ouest américain): je suis cuite, langue pendante, attendant le coup de grâce

-tertio: de la grâce, ce roman n'en manque pas!

C'est donc l'histoire d'une famille dysfonctionnelle: le père et le grand-père sont des constructeurs de bateaux qui ont connu leur heure de gloire, la mère est une scientifique fantasque, fan d'Einstein. Si la mère est plus à l'aise pour calculer des trajectoires que pour la vie de famille, le père est une sorte de tyran familial obligeant ses enfants à consacrer tout leur temps libre à la voile.

Les enfants, parlons-en: Bernard, l'aîné, à l'âme d'un rebelle; Josh, le narrateur, le coeur sur la main, un coeur d'artichaud bien évidemment, un peu looser aussi; et Ruby, la benjamine, la prunelle des yeux de chacun, une enfant insaisissable et qui semble commander le vent.

Pendant des années, cette famille se consacre corps et âme à la voile, pour la beauté du geste, pour la gagne mais à marche forcée et jusqu'à l'implosion.

Josh, le plus normal d'entre eux, maintient à flot le chantier naval avec son âme de bon samaritain et beaucoup d'autodérision tout  en régalant la galerie de sa catastrophique quête amoureuse. Jusqu'au jour où son père relance l'idée d'une dernière régate avec la famille au grand complet! Est-ce seulement imaginable tant les liens sont distendus, les rancoeurs tenaces, les incompréhensions des abîmes sans fond?

Peut-être que certains lecteurs seront "perdus" dans les passages purement maritimes (et un peu technique): ce n'est pas grave, passez quelques lignes mais par pitié continuez à lire!

Un formidable roman qui vous embarque dès la 1ère ligne, qui vous fait passer par toute la gamme des émotions avec humour et subtilité.

Quelques moments de grâce dont je parlais au début et que je n'oublierai pas: une échappée belle à la Moitessier, une marina qui part à la dérive... C'est fou, je les vois déjà en images sur grand écran!

Un de ces livres qui ont le don de vous faire vivre une parenthèse enchantée et, pour tout cela, j'ai juste envie de dire: merci Jim! (c'est promis maintenant, je lirai tous vos livres)

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11 mars 2018

Jeu blanc, Richard Wagamese, éd. Zoé*

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Le langage, le style de Richard Wagamese vous donnent dès les 1ères lignes la sensation d’être entre les mains d’un grand écrivain tant la force de ses mots vous emporte. Saul Indian Horse est un jeune indien Ojibwe du Canada que sa famille garde le plus longtemps possible éloigné de l’école. Fuyant encore plus loin dans la neige et les bois avec sa grand-mère, il n’échappera malheureusement pas à cette institution alors obligatoire (les « residential school »). L’école, si on peut appeler ça comme ça, est synonyme de malheur et de souffrance; elle est alors un véritable outil de déculturation des amérindiens, voire même plus.

Wagamese nous raconte cet enfer à travers ce jeune garçon avec justesse et subtilité. Ces heures sombres sont entrecoupées de moments de grâce quand il découvre un sport pratiqué sur place, le hockey sur glace. La description de ce jeu et sa perception par l’enfant illumine ce roman, apporte une respiration bienvenue au lecteur et, bien sûr, une échappatoire au narrateur. Car il possède un don pour ce sport, un don hérité de sa famille qui lui donne une sorte de vision totale du jeu, une perception magique qui le porte et fait de lui un joueur hors norme. Mais ce don suffira-t-il à le sauver?

L’auteur s’appuie sur la triste expérience de sa famille et de beaucoup de ses concitoyens élevés au sein de ces institutions mortifères. Il s’est beaucoup penché sur cette question : comment construire une vie d’adulte quand l’enfance a été marquée par la violence et les sévices en tous genres de la part de religieux censés être des exemple? et surtout quand on n'a pas eu de modèle parental, familial ? C’est toute une génération qui a été sacrifiée, ce qui a des répercussions sur le long terme pour toute une population. Il se qualifiait lui-même de survivant de la deuxième génération.

On ne peut qu’être subjugué par un texte si profond, si beau, si réfléchi et qui peut-être capable de panser des plaies encore à vif. Au delà de la souffrance et de la déchéance, ce roman est aussi l’histoire d’une résilience, d’une reconstruction à travers la quête de la vérité, la fraternité et l’amour. Un chef d’œuvre. J’écris afin que lorsqu’ils ouvrent un de mes livres, une connexion instantanée s’établisse, comme si nous collaborions à l’histoire. »

Richard Wagamese est mort en 2017 mais il n’a pas fini de nous éblouir.

«J’écris afin que lorsqu’ils ouvrent un de mes livres, une connexion instantanée s’établisse, comme si nous collaborions à l’histoire. »  

A lire avec autant d’émotion « Les étoiles s’éteignent à l’aube » paru précédemment chez le même éditeur

Pour aller plus loin : un très bon article de l’encyclopédie canadienne et un film produit par Eastwood en avril.

wagamese

*traduit par Christiane Raguet

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28 décembre 2017

Sangliers, Aurélien Delsaux, éd. Albin Michel

9782226393173-jUn roman que je n'aurais pas lu s'il n'avait pas été au programme d'une formation que j'ai suivie il y a peu de temps (pas repéré dans le flot de la rentrée littéraire...)

Ce roman choral, ample et dense, se passe dans une petite bourgade de Rhône-Alpes entre fermes et zones pavillonnaires. On y suit une foule de personnages: le terrible et violent père Germain dit "le Chef", le cafetier fin observateur, le doux maraîcher, le vieux sculpteur fantasque, le prof dépassé, les chasseurs, le vieux raconteur d'histoires. Et puis les jeunes, surtout les 2 garçons du Chef: un noir et un blanc, l'un aspirant à une autre vie, l'autre rêvant de devenir lui aussi le Chef. On tremble pour l'un, on sent que le pire va advenir et puis... 

La 1ère chose qui frappe dans ce roman, c'est la langue. Riche, elle mêle mots savants et patois, oral et écrit. Le style donne une impression de liberté, d'affranchissement vis-à-vis des règles, c'est vivant. Les mots sont importants dans ce roman, ils peuvent être terribles mais les connaître, c'est connaître le monde. Ils peuvent être salvateurs.

L'auteur a aussi un rapport très sensitif à la nature: on est au pied des arbres, dans les vasières. On a littéralement la boue qui colle aux bottes. Quelque chose que j'ai rarement lu ailleurs: l'histoire des paysages (géologique, historique). Ce sont de très beaux passages qui montrent l'importance des lieux, même si c'est invisible à l'oeil.

Le thème le plus fort est sociétal. Aurélien Delsaux est animé par une passion, une rage contre l'état de la société actuelle. S'il a situé son roman dans ce lieu, c'est pour parler des campagnes délaissées, de ces zones "rurbaines" de lotissements à pas cher dont on ne parle jamais. Vivant lui-même dans ce genre de village, il dénonce le racisme, voir le fascisme ambiant qui ne révolte personne. Des zones abandonnées, comme l'est aussi la jeunesse dans ce roman: une jeunesse sans idéaux, à qui le monde adulte et l'école ne donne plus de sens.

Si Aurélien Delsaux saisit ces grands phénomènes de société à bras le corps, c'est qu'il a une ambition littéraire forte, tirée de modèles comme Hugo ou Balzac: donner à voir, à penser, éclairer le lecteur sur le monde d'aujourd'hui et, peut-être pas changer le monde, mais au moins secouer quelques consciences.

A travers ce roman noir qui donne souvent froid dans le dos, il y a aussi de la beauté et de l'espérance. La beauté de récits qu'on dirait venus du fond des temps (les "il dit" dont on devine assez tard leur orateur) et l'espérance placée dans une sorte d'énergie du collectif.

Je suis contente d'avoir été "obligée" de lire ce (gros) livre qui m'a fait découvrir un jeune écrivain ambitieux! Le début à lire ici

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27 décembre 2017

Huit montagnes, Paolo Cognetti, éd. Stock

9782234083196-001-TDu nature writing italien, pour changer!

Pietro, un petit italien de 11 ans, grandit entre une mère à la force tranquille et un père souvent absent, assoiffé de sorties en montagne. Un été, ils décident de se trouver une petite maison de vacances dans le Val d'Aoste. Un point de départ vers les montagnes des alentours pour le père, une véritable maison de famille pour la mère, le début d'une longue amitié pour Pietro.

Il y retrouvera chaque été Bruno, le garçon d'à côté, qui l'initie aux merveilles de la montagne: les torrents, les cachettes, les animaux mais aussi les bonheurs et les drames de la vie. Pour son père, Bruno se révélera comme une autre facette de lui-même, un double ou un fils idéal...

20 ans plus tard et après avoir parcouru le monde et ses sommets, Pietro revient dans ce petit coin du Val d'Aoste et y retrouve, fidèle à lui-même, son ami Bruno: le pur montagnard, l'enraciné, un temps ébloui par l'amour d'une femme mais lié pour toujours à la montagne.

Un magnifique récit initiatique, d'amitié et d'amour filial. Un roman qui aborde aussi le thème de la quête de soi, du mal-être (intime ou face à la société), de la nécessité absolue pour certains de se confronter à la nature, à plus grand que soi pour se sentir vivant.

Il y a sûrement un peu de Pietro et de Bruno dans Paolo Cognetti: je suis en train de lire son récit autobiographique, Le garçon sauvage où il raconte sa fuite en montagne, son besoin vital de s'éloigner du monde des hommes tel un ermite pour redonner un sens à sa vie.

Et il a reçu le prix Stregga et le Médicis étranger en 2017 (mon prix français préféré décerné aussi à David Vann, Daniel Mendelsohn, Dave Eggers entre autres). Cet écrivain va trouver sa place dans ma bibliothèque entre Erri de Luca et mes chers américains (Rick Bass, Pete Fromm, Doug Peacock, Edward Abbey, etc.)!

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31 octobre 2017

Les Aventures de Ruben Jablonski, Edgar Hilsenrath, éd. Tripode

les-aventures-de-ruben-jablowskiLe chaînon manquant entre Fuck America et Nuit (ou inversement). Si vous n'avez jamais lu de livre d'Edgar Hilsenrath (91 ans ), pourquoi ne pas commencer par celui-ci?  On y trouve une sorte de concentré de son style: grave et grivois, profond et fantaisiste, réaliste et burlesque.

Ruben, un jeune allemand juif, raconte le périple de sa famille fuyant le nazisme à travers l'Europe et plus loin encore.

Si les personnages sont fictifs, le parcours est le même que celui de la propre famille de l'auteur; il a d'ailleurs raconté l'épisode du ghetto ukrainien dans Nuit (jamais lu un bouquin aussi fort sur le processus de déshumanisation en œuvre dans un système concentrationnaire, à ranger à côté de Si c'est un homme). Et, soit dit en passant, son œuvre donne le vertige car Fuck America raconte l'écriture de Nuit (ce qui est fou car autant on se bidonne à lire le premier que la lecture du second vous glace le sang). Les éditions du Tripode ont fait une infographie fort utile pour démêler tout ça!

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Bref, revenons à Ruben et à son périple qui donne l'occasion à Hilsenrath de nous raconter ce qu'il advint aux juifs de pays comme la Roumanie ou la Bulgarie, dont j'ignorais tout pour ma part. S'ensuivra le départ pour le jardin d'Eden de la future Israël et ses délicieuses oranges: un pays de cocagne où les survivants de toute l'Europe se retrouvent, aveugles à la souffrance qu'ils infligent aux habitants de ce territoire.

La veine burlesque et obsédée de Fuck America apparaît peu à peu au contact du jeune homme avec les femmes... Ses difficultés à trouver ou garder un travail en Palestine sont aussi toute une aventure!

Bref, un écrivain à découvrir ou à continuer de lire!  un extrait ici

On doit remercier les éditions du Tripode (anciennement Attila) pour la redécouverte de cet auteur unique qui parvient à mêler le grotesque à l'ignoble. Ça me fait penser que je n'ai pas fini de lire Le Nazi et le Barbier, un livre si férocement drôle que seul un survivant de la Shoa pouvait se permettre d'écrire...

 

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15 octobre 2017

Un chant céleste, YAN Lianke, éd. Philippe Picquier*

cat_1488285532_1Une bouffée d'oxygène littéraire, un style étrange et poétique, de la truculence, une pointe de fantastique... et ce je ne sais quoi qui vous serre le coeur. Bref, j'ai été emballée! C'est le 2ème livre de cet auteur chinois que je lis après "Les jours, les mois, les années" et je me demande juste pourquoi je n'ai pas encore tout lu...

Dans ce court roman, une campagnarde élève seule ses 4 enfants tous nés idiots (les termes utilisés pour les désigner mettent à mal notre vision occidentale très consensuelle!) et se donne pour mission d'assurer leur avenir en les mariant le mieux possible. Ce qui devient urgent pour les 2 derniers car il y a de l'inceste dans l'air...

Tout en partant à la recherche d'un mari pour sa 3ème fille, elle découvre une recette ancestrale à même de guérir les tares de ses rejetons: une recette de cuisine assez spéciale dont je ne vous dirai rien...

Tout dans ce livre est réjouissant et poignant à la fois, autant le style que les personnages (la mère et sa course instinctive, primaire pour la survie de ses enfants, sans oublier le père, ce fantôme bienveillant qui veille sur la famille tout en continuant à se chamailler avec sa femme), la peinture de la vie des paysans chinois, la force des croyances, une sorte de magie ancestrale qui imprègne tout.

Bref, si vous n'avez pas encore lu YAN Lianke, courez dans votre librairie ou bibliothèque préférée!

*traduit par Sylvie Gentil

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09 octobre 2017

La serpe, Philippe Jaenada, éd. Julliard

jaenadaUn nouveau Jaenada pour la rentrée littéraire! Ce sera ma 1ère lecture de cette rentrée. Il faut dire que, comme de nombreux lecteurs ayant goûté à sa prose depuis Le Chameau sauvage, je suis devenue un peu accro à sa prose bourrée d'autodérision (j'emploie le mot "bourré" à dessein!), ses manières d'ours mal léché, son coeur d'artichaut, son style qui l'air de rien vous touche et vous embarque à sa suite.

Depuis quelques livres, il explore dans des romans-enquêtes des destins hors normes connus surtout pour leurs procès retentissants (Sulak, Pauline Dubuisson) sans se départir de son style habituel. Il en va de même pour celui-ci où, sur les conseils insistants d'un voisin, il enquête sur le procès d'un triple meurtre odieux commis en 1941. Procès où un certain Henri Girard (connu par la suite sous le pseudo de Georges Arnaud, auteur du roman Le Salaire de la peur) que tout accusait fut pourtant acquitté. Coupable ou innocent?

Et dès le 1er chapitre, j'ai replongé dans mon addiction: je suis partie en expédition en province avec cet indécrottable parisien un peu trouillard paniquant à la vue du 1er voyant qui s'allume dans son Opel Meriva de location, avec quelques réminiscences du Club des cinq pour se donner du courage.

Avec lui, vous saurez tout de ce qui a été écrit, dit sur cette affaire par les protagonistes, les enquêteurs ou les journalistes. Vous vous approcherez petit à petit du château/lieu du crime qui semble se dérober à chaque fois. Vous explorerez les archives, les minutes du procès, les correspondances familiales (mes passages préférés).

Philippe Jaenada m'a retournée comme une crêpe plus d'une fois avec cette histoire totalement addictive et déchirante. Une enquête qui donne à voir les ravages que peuvent causer sur un homme les soupçons de culpabilité, en particulier sur un tout jeune homme.

Sous ses airs de légèreté et de bouffonnerie (un jour, son fils lira certains passages qui lui sont consacrés et j'espère qu'il n'en voudra pas trop à son père car c'est tellement drôle pour nous lecteurs!), c'est encore et toujours la profonde humanité de Jaenada qui l'emporte et qui donne envie de conseiller tous ses bouquins (et me rappelle que je n'ai pas encore La Petite femelle, une faute que je vais m'empresser de réparer dès que possible).

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08 octobre 2017

Ecrire en deuxième division, Jeff Sourdin, éd. La Part commune

sourdinDès qu'un nouveau roman de Jeff Sourdin sort, je me précipite pour le lire (pour la chronique, je suis toujours en retard) mais cette fois-ci, j'ai eu peur et eu envie de crier:  "Non Jeff, t'es pas tout seul!"

Il faut dire que dans ce texte, qui met en scène un écrivain de "seconde zone" nommé Rubempré, c'est la condition des "petits auteurs" de province dont il est question: la quête d'un éditeur, les séances de dédicace infructueuses, les heures passées dans les salons littéraires, les bibliothèques, les librairies à attendre désespérément le lecteur en feignant un flegme à toute épreuve (cela dit, je précise que c'est douloureux aussi pour les libraires et les bibliothécaires ! un souvenir commun avec Jeff et d'autres...). Il faut dire qu'il est difficile de se faire remarquer dans une petite ville si loin du café de Flore, surtout quand le maire jette son dévolu sur vous et pas forcément pour les bonnes raisons...

Du vécu donc mais avec une haute dose d'autodérision, d'ironie, de loufoquerie (l'invention de la CASS: la Confrérie des Auteurs Sans Succès!), de délicatesse qui le caractérise avec la solidarité qui existe vraiment entre écrivains de "2ème division".

J'ai vraiment eu un pincement au coeur à lire ce livre d'où mon cri "Non, Jeff, t'es pas tout seul!". Moi qui, dans les salons et les festivals littéraires, ne voit que ces éditeurs et auteurs sans public qui s'ennuient à mourir, moi qui développe des stratégies de contournement voire d'évitement je l'avoue (parce que je ne peux pas tout acheter)...

Et surtout parce que j'aime ses bouquins, les lecteurs de ma bibliothèque aussi, mes collègues aussi, que j'ai envie (et besoin) qu'il continue à écrire malgré tous ses aléas! Si vous aimez la littérature délicate, fine, sensible et  profonde, si vous voulez découvrir un écrivain qui ne passe pas à la Grande Librairie (mais qui devrait): LISEZ SES LIVRES!!! ici ou

Et vous pouvez aussi l'inviter dans vos librairies, bibliothèques ou salons (ah! ah!) car en plus d'être un bon écrivain, Jeff est d'une infinie gentillesse ;)

A écouter: la chronique radio de ce cher Félix Boulé sur Radio Laser

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05 juin 2017

Le Monde est notre patrie, Frédéric Paulin, éd. Goater Noir

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La guerre moderne

Avec Frédéric Paulin, on est toujours sûr d'aller au fond des choses grâce à des polars politiques hyper documentés et très bien écrits. Il fait partie de ces écrivains qui ont le talent pour vous raconter une bonne histoire avec style et en même temps pour vous éclairer sur un sujet dont vous ignoriez tout ou presque. Bref, ses livres pour moi font partie de ceux qui vous changent. Et son domaine, c'est l'Histoire, la guerre et ses rouages.

Cette fois, il nous emmène à la suite d'un mercenaire des temps modernes qui va faire équipe (et plus encore) avec une jeune flic désabusée. Il a aussi pour compagnon d'arme un acolyte fascinant qui a le don de survivre à à peu près tout. Ces "soldats" de sociétés militaires privées, qui savent manier à la fois le fusil et porter chemise et cravate, donnent froid dans le dos. On les suit entre opérations d'exfiltration, résolution de prise d'otages, accords politiques encore placements financiers.

Son "héros" est aussi un homme qui doute, qui aime, qui regarde le monde et qui rêve.

J'avoue avoir eu un peu de mal à entrer dans celui-ci au tout début (fatigue passagère sûrement?) puis je l'ai dévoré avec passion, redoutant même d'arriver au point final!

Je suis fidèle à cet auteur depuis (oh la vache!) une dizaine d'années et je n'ai pas l'intention d'arrêter, alors j'espère qu'il continuera à nous régaler et à éclairer notre lanterne...

Voir la critique de Encore du noir

 

 

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04 juin 2017

Pourvu que ça brûle, Caryl Ferey, Albin Michel

9782226325952-j Pour les fans de Ferey!

Vous avez lu les polars nerveux et profondément humanistes de cet auteur et vous vous demandez pourquoi ça pique, ça brûle, ça fait mal, tellement que parfois on ferme les yeux? Et bien, vous aurez les réponses dans ce livre "road-trip" d'un p'tit gars de Montfort-sur-Meu qui a bien roulé sa bosse depuis!

Il nous dit tout de son besoin d'écriture, de sa condition d'auteur, de sa façon d'écrire et de voir le monde mais aussi de ses déchirements intimes. 

Le parcours de ce punk dans l'âme, de cet écorché vif au coeur tendre ne pourra que vous remuer... et vous donner envie de vous (re)plonger dans ces bouquins et/ou de partir sur ces traces en Nouvelle-Zélande, en Argentine et dans bien d'autres endroits de la planète.

Bon, nos voyages à nous seront sûrement moins drôles que les siens car Caryl Férey ne se déplace qu'en bande, faisant profiter au passage à ces amis de son besoin d'aller se confronter à la réalité d'un lieu pour pouvoir écrire. Et quels amis! Qu'il gratifie de doux surnoms tels que: Éléphant-Souriant, Craint-Blanc, Chevalier-Élégant, Chorizo Bouillant ou La Bête (mon préféré!).

A lire sans modération

 

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