Petit Sachem a lu

Ouest américain: vers le Nord de l'Utah

De Moab à Vernal (itinéraire ici)

C'est avec un petit pincement au coeur que nous quittons Moab ce matin.

Avant  de partir, on fait une razzia au Walker Drug: matériel en prévision de nos nuits en camping dans des "cabins", souvenirs, cartes postales et cartes d'anniversaire (il y a un rayon de cartes spéciales pour les soldats assez incroyables, un truc qu'on ne voit pas chez nous!).

Allez, 10h, on y va: on a 215 miles à a faire (4h30). A la sortie de la ville, on rate presque la sortie pour la route 128 mais Olivier, grâce à un dérapage de folie mais maîtrisé (mon coeur est sorti de ma cage thoracique!),  nous remet dans le droit chemin. Cette route passe entre les falaises rouges et le fameux Colorado: splendide! C'est une belle façon de quitter petit à petit ces lieux magiques.

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J'ai le nez sur la carte pour ne pas rater la piste qui nous mène aux Fisher Towers. Une piste! Olivier est aux anges! On est bien content d'avoir un SUV. Tiens, j'ai vu un serpent traverser juste devant la voiture... (une petite pensée pour Gilles). On aperçoit les Fishers Towers au fond (des monolithes de plis de 200 mètres des haut), mais ce qu'on préfère sur cette piste, c'est le paysage au fond à droite: on se croirait à Monument Valley...

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On passe le Colorado et le paysage devient de plus en plus désertique (avec des canalisations pour le pétrole partout): on prie pour ne pas tomber en panne ici... On traverse d'ailleurs une sorte de village fantôme, Cisco, qui nous froid dans le dos, avant de rejoindre l'autoroute I70. Comme dans les films, je vois des boules de buissons séchés poussés par le vent (Clint va débarquer!).

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Bon, le GPS a eu du mal à trouver la bonne route, la 139 qui doit nous faire passer les Roan Cliffs par un col à 2520 mètres. Après quelques minutes d'énervement, on y arrive! Comme on nous l'avait dit: chaque petite bourgade a son parc où on peut pique-niquer à l'ombre: on trouve notre bonheur à Loma. Les montagnes s'élevent au fond de longues lignes droites parsemées de petites fermes (je prends des photos pour mes parents).

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La route commence à s'élever gentiment, mais négocier des pentes avec une automatique c'est un peu déroutant, heureusement Olivier maîtrise à la perfection le passage en manuel! La vue après le col de Douglass Pass est très belle. Les sommets culminent entre 2500 et 3000 mètres mais ne ressemblent pas du tout à nos alpages bucoliques. Ici, la montagne est sèche, assez désertique. Pas mal de camions sur cette route (cette fois, on pense au film  de Spielberg, "Duel").

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Revenus sur le plateau, pause-café à Rangely dans un petit dinner familial typiquement américain avec des vieilles photos de la ville autrefois. Ca fait du bien! enfin, le café aussi est américain et ça, c'est un problème! On se dit qu'avec les distances de fous qu'il y a entre chaque ville et le peu de services que semblent offrir celle-ci: 1, ça ne doit pas être facile d'être ado ici et 2, on comprend leur amour des bagnoles qui sont synonymes de liberté.

Vernal: visite de la carrière de fossiles de Dinosaur National Monument au dessus de la Green River. Une ranger nous donne quelques explications sur le site (en anglais). Ce n'est pas une visite indispensable mais c'est sur la route. J'avais prévu de suivre une route qui mène à des pétroglyphes, mais on est un peu fatigués et on préfère rejoindre notre hôtel (erreur!).

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Une jolie route de campagne nous mène à Vernal où l'on doit faire étape. Alors, l'hôtel... bon, on y a dormi mais il n'aura pas la meilleure note! On se souviendra de cette entêtante odeur de désodorisant censée cachée une autre odeur, beurk.

On va manger en ville pour s'aérer, enfin, on a dû louper le centre-ville quelque part... On hésite entre toutes les chaînes de fast-food et on finit par se rabattre sur une sorte de brasserie (JB's) qui a l'air déserte (mais se remplira peu à peu).

Ce repas restera surtout dans nos souvenirs à cause de la boisson choisie par Olivier pour la 1ère et dernière fois: de la root beer, tout un programme!!! On en a bu pendant tout le repas (regrettant à chaque fois chaque nouvelle gorgée, sans alcool) juste pour pouvoir mettre un mot sur l'étrange sensation que l'on ressent en buvant cette boisson et sur cette question lancinante qui vous obsède peu à peu: "mais c'est quoi, ce goût???" Moi, ça me rappelle un médicament, mais lequel? Dire que nous n'en avons pas rapporté, zut. Mais je vois qu'on peut en acheter ici, chic!

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Ah! j'ai oublié de dire qu'à la table voisine, un monsieur avait une arme à son ceinturon. 1ère et dernière fois aussi.

4-2014-08-08 20 Oui, je sais: il y a des trous partout dans ce post et alors? Vous avez vu mon regard? Faut pas me chercher après une root beer...

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Ouest américain: Arches

7 août: Parc national de Arches...attention, vous allez tomber amoureux!

Mille merveilles à voir dans ce parc, alors réveil à 6h, départ à 6h48 et arrivée au parc à 7h08! (74° F)

Grâce aux forums de Road Trippin et Voyage Forum, je sais qu'il faut traverser les 24 km de long du parc sans se laisser distraire par toutes les beautés que nous croisons pour profiter de ce lieu magique au mieux et pour anticiper une chaleur réputée mortelle! Alors, on y va tout schuss en s'extasiant sur le paysage!

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Arrivée au parking de Devil's Garden à 7h55: on débute notre rando vers Landscape Arch à la fraîche dans de petits canyons. Nous frissonnons presque de froid, quel délice! Chemins sablonneux, grands pans de falaises rouges, quelques cris d'oiseaux... c'est le bonheur

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Juste avant l'arche, notre 1er chipmunk: Corentin craque complètement pour ces bestioles, et il y a de quoi...

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Landscape Arch, la plus grande arche du monde: elle est à la fois majestueuse et fragile.

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Un chemin continue que nous ne prendrons pas (des regrets, mais je pense que c'était quand même la bonne décision car ça va bientôt chauffer!). On rebrousse donc chemin, en prenant quelques sentiers de traverse vers Tunnel Arch

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et la délicieuse Pine Tree Arch (juste derrière, il y a un véritable terrain de glisse parfait pour un enfant de presque 10 ans, chut!)

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Sur le chemin du retour, le nombre de touristes commence à augmenter. J'ai l'impression qu'on est les seuls à remarquer ces lapins, lézards et autres bestioles!

On reprend la voiture pour aller vers un de ses endroits qui reste à jamais gravé dans votre coeur: Sand Dune Arch. Au milieu d'une barre rocheuse, un étroit canyon au sol de sable fin nous mène vers ce lieu magique:

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Il n'y a presque personne: "Luxe, calme et volupté"

J'adore la vallée que nous suivons: un désert oui, mais je trouve ses couleurs splendides:

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Pause pique-nique en avance sur tout le monde: on profite de l'ombre pour nous seuls. Normalement, sur cette photo, un détail doit vous sauter aux yeux, enfin nous (et surtout Corentin), on a trouvé ça un poil provocateur dans un désert!

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Gros morceau de la journée, le secteur des Windows: il y a des arches dans tous les coins... et beaucoup  de touristes... on arrive à trouver une place sur le parking, on fait le plein d'eau et c'est parti vers North Windows (pleine de monde) et South Windows (plus tranquille).

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C'est là qu'Olivier a l'idée d'aller vers notre prochaine destination (Double Arch) en passant par l'arrière de South Windows. Pour ceux qui connaissent, on prend un bout du Primitive Loop. On est en plein cagnard! Oui, mon chéri, c'est beau, oui... En fait, je pense qu'il a voulu se débarrasser de moi. Mais je marche plus vite que mon ombre (ça tombe bien, y'en a pas!): j'ai l'impression de courir sur des braises ardentes et de cuire du bas vers le haut (on l'inverse?). Vite, à l'ombre!!

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Bon, j'ai survécu. Juste en face de nous, Double Arch (pour les fans d'Indiana Jones, on la voit au début de la Dernière Croisade). Ce n'est pas très loin en fait, mais il faut d'abord aller se ravitailler en eau dans la voiture (elle est à T° ambiante mais on s'en fiche).

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On y est arrivé, on profite longtemps de l'ombre sous cette grande arche.

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Mais la chaleur a commencé à attaquer le cerveau de la mère et du fils: mes doigts ont gonflé et on dirait des saucisses. Du coup, on commence à délirer et à tout voir sous formes de saucisses, chipos et autres merguez! Corentin invente même un nouveau système pour l'heure: on ne dit plus "il est 13 heures et 45 minutes" mais "13 saucisses et 45 merguez"! Oui, ça m'a fait rire mais je n'ais plus toutes mes facultés mentales... J'ai même cru voir une limousine sur le parking! Hallucination ou pas??? 1-CIMG5938

Il est 14h: la chaleur est intenable (pour nous en tout cas). Fuyons d'ici et précipitons-nous dans la piscine!

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même si la journée n'est pas terminée...

Posté par petitsachem à 21:45 - - Commentaires [6] - Permalien [#]

Ouest américain: Canyonlands

 

 

6 août: finie la rigolade, c'est parti pour le dépaysement total!

Réveil matinal, on profite du décalage horaire et d'être les 1ers au p'tit déj (on fait abstraction des donuts et autres pâtisseries douteuses, mais qu'est-ce que c'est que ces céréales bleues, roses et vertes??)

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Programme de la journée: Canyonlands sur le plateau du Colorado! Nous n'en ferons qu'une petite partie, Island is the Sky, car ce parc est immense. La route est déjà une merveille et il ne fait que 71° Fahrenheit à 7h30 (21° Celsius).

Un petit arrêt pour admirer le point de vue sur le Shaifer Trail: vertigineux! On y va... ou pas.

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Et on commence par une balade très agréable, à la fraîche, vers notre 1ère arche de grès rouge, Mesa Arch. Je n'ai rien dit à Olivier et Corentin, ils ont la surprise! Quelle beauté et, en plus, il n'y a presque personne.

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En chemin, nous voyons nos 1ers écureuils, lézards et compagnie (à bien y regarder, ces lieux à priori inhospitaliers grouillent de vie).

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Bon, passons aux choses sérieuses: Island in The Sky est aussi appelé le "petit Grand Canyon" et voilà pourquoi! C'est tellement gigantesque qu'il n'y a rien à dire...

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Nous partons en bordure de falaises pour une petite promenade d'1 h. A l'aller: la vue, l'immensité, le vent nous donnent des ailes! Au retour: Corentin et moi sommes au bord de l'apoplexie :( il est 11h et j'ai l'impression de cuire sur place, plus de souffle, suis toute rouge, Corentin se traîne lamentablement...  C'est sûr, on va crever là, après 40 ans, t'es plus rien de toute façon!! Bon, en fait, tout s'explique: on est à presque 2000 mètres d'altitude et on est presque dans le désert... Pendant ce temps là, Olivier ne souffre pas, lui!!

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Un pique-nique, de l'eau fraîche (glacière, je t'aime) et ça repart... un peu! De quoi nous régaler de la vue sublimissime de Green River Overlook: les méandres de la rivière en contrebas, et tout au fond, The Maze, endroit mythique pour les lecteurs du Gang de la clé à molette... C'est grisant d'être ici!

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On finit par Dead Horse State Point, à quelques centaines de mètres au-dessus du Colorado.

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De l'autre côté, une vision surréaliste: des bassin d'un bleu irréel... en fait, les bassins de mines de potasse (d'où le nombre de camions et l'immense train de marchandise). Je cite Corentin: "c'est beau mais c'est chimique... mais c'est beau"

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Il est 14h, la chaleur (96° F) devient très difficile pour 2 membres de cette famille (le 3ème doit venir d'une autre planète). 36-DSC_0314

Vite, la piscine de l'hôtel!!!

Olivier poursuivra son rêve de piste en empruntant une route qui longe le Colorado pour monter jusqu'à Island in the Sky (bon, il fera juste quelques km...). Ça mérite une bonne bière fraîche!

 

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31 octobre 2014

Ouest américain: Arches... suite

RDV avec la star de l'Utah

Après une pause fraîcheur bien méritée à la piscine, nous voilà repartis pour le parc d'Arches et, plus particulièrement son arche la plus emblématique (symbole de l'Utah): Delicate Arch au coucher du soleil (un must selon tout le monde).

Mais avant, une petite pause à Park Avenue: ces falaises évoquant les buildings de New-York incitent à la rando (frustration!!)

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On trouve une place sur le parking, juste à côté les restes d'un vieux ranch de la fin du 19eme

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18h30: c'est parti pour la montée le long du "slick rock" dans laquelle je vais suer sang et eau! Bon, on n'est pas seuls mais bizaremment, ce n'est pas très gênant. Corentin est comme un poisson dans l'eau sur ces roches rouges appelées "sandstone".

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On approche: le paysage devient de plus en plus lunaire. Avec la lumière du couchant, tout est magnifique et d'une solennité bouleversante. On pourrait y rester des heures...

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Enfin, la voilà, l'arche tant attendue!

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Il y a foule, mais une foule de privilégiés et nous sommes ravis d'en faire partie. Le grand jeu est de faire la queue au pied de l'arche et de prendre la pose la plus originale possible (bravo aux gymnastes qui défient le vide!). Mais nous snobons cette pratique... jusqu'à ce qu'on craque Corentin et moi (pas le photographe, il a le vertige!).

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Retour dans les dernières lueurs du jour: magique et inoubliable. Derrière nous, sur le slick rock, les loupiotes des randonneurs s'allument comme un serpentin infini.

Dans les derniers mètres, des hordes de moustiques nous attaquent, et je me donne littéralement des claques pour garder figure humaine... La nuit sera bonne!

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04 octobre 2014

Ouest américain: on the road 1

5 août: réveil très matinal après une nuit un peu chaotique.CIMG5901

Direction Moab au Sud-Est avec 4 à 5 h de route prévue (au départ...). Sur l'autoroute, Corentin continue son reportage photo: sa mission, shooter un vrai camion américain avec "un nez bien carré", c'est dur en roulant...

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En roulant, on commence à avoir des doutes sur l'assurance de la voiture (je passe des coups de fil). Les paysages défilent et ne se ressemblent pas: larges plaines, montagnes vertes, étendues desséchées. On roule dans des gorges sur une route qui coule toute seule (bon, c'est quand même bizarre avec une voiture automatique), on passe près d'une centrale à charbon (je continue à passer des coups de fil, grrr...).

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Price: tout le monde descend, on va faire des courses dans un Wa***art et on réfléchit sérieusement à faire demi-tour (une histoire d'assurance). Les courses! je découvre que j'adore ça aux USA!!! Toutes ces choses qu'on a pas chez nous, ces trucs dont je me demande à quoi ils peuvent bien servir, et surtout, surtout, le rayon PÂTISSERIE me rend dingue! La variété de cookies, de muffins, de doonuts de toutes les couleurs est affolante et rien qu'à les regarder, je suis rassasiée (ou écoeurée au choix)... Bon, on arrive quand même à trouver des petites salades pour nous, le plus compliqué étant de trouver des ingrédients susceptibles de contribuer à la fabrication de ce qui se rapprocherait le plus d'un banal "jambon-beurre" français pour Coco (c'est dur).

Pas le choix, retour vers Salt Lake City pour un complément d'assurance (on aurait peut-être pu sans passer, mais au moins, on sera tranquille), mais la route est belle alors haut les coeurs! 4h en plus au total quand même :-(.

Plein de panneaux publicitaires autour de Salt Lake pour nous inciter à se refaire les dents, les seins, se débarrasser de ses varices, etc. Tentant, mais on n'a pas le temps...Photo-0770

Chouette souvenir: l'arrêt dans une station-service typique. On s'amuse à observer les moeurs américaines: c'est quoi cette obsession pour la glace? Il y a tout un tas de distributeurs de sodas mais avant de remplir leur gobelet avec ladite boisson, ils le remplissent de glace jusqu'à ras-bord (tout au long de notre voyage, on se retrouvera avec des boissons qui font mal aux dents dès qu'on oublie de préciser "without ice please!). Oh! il y a même de la viande séchée à vendre (pour survivre dans le désert comme Abbey ou Peacock. On en goûtera: c'est beurk).

Corentin a droit a une glace taille "small", qui disaient... j'aimerais bien voir les big! Bon, pour le café, c'est pas l'eldorado. 1ère leçon de conduite automatique sur le parking: c'est facile en fait. Yeah!

4-DSC_0024Allez, c'est reparti: paysages grandioses et désertiques, tourbillons de sable, camions qui roulent très vite, longue chaîne de montagne à notre gauche qui sort de terre sans transition avec la plaine, 1ères antilopes. On est sous le charme.

 

 

 

A l'approche de Moab, la roche change de couleur, vire au rouge et s'élève abruptement au loin. On a l'impression d'entrer dans la légende du Far West.

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Moab enfin! une petite ville dédiée au tourisme de plein air où flotte un parfum de bohème bien agréable. On découvre l'hôtel où nous passerons 3 nuits (le seul endroit du voyage où le bonjour sera optionnel) et plongeons dans la piscine avec délectation, sans oublier le spa...

 

 

 

 

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13 septembre 2014

Ouest américain: le départ

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Et voilà! ça fait des années que j'en rêve: partir dans l'Ouest américain tous les trois. On y est :-)

Je vous passerai les détails du pré-voyage (taxi, bus, train, navette...). Il faut attendre, attendre très longtemps pour enfin monter dans cet avion (le 1er pour Corentin, chouettes sensations!).

Un petit coucou en passant au Groenland, à la Baie d'Hudson, au Canada (plein de petits laccs) et au Montana (plein de champs au carré). Photo-0764

La descente vers Salt Lake City est assez remuante... Nous sommes excités et fatigués à la fois!!

Hélas, trois fois hélas, il nous faudra prendre notre mal en patience car l'attente à la douane sera un peu longuette (presque 1h!!): pourquoi? une pénurie de douaniers peut-être... "Maman, on va rester là combien de temps?".

En plus, je m'étais fait une montagne de ce passage à la douane américaine, réputée pointilleuse et je m'attendais à vous faire part de quelques questions saugrenues: rien, nada, que dalle.  On passe tous les 3, très rapidement: prise d'empreintes, photos, passeport (le tout demandé en "franglish" et presque chanté par un douanier dont seul Corentin notera le nom: "T'as vu? il s'appelle M. Citron!!").

Allez, en route pour le retrait de la voiture (qui nous paraît énorme sur le moment, mais c'était avant de se comparer aux autres voitures...).

Je laisse le soin de conduire à Monsieur (je n'ai pas encore mon permis de conduite automatique!) et je n'ai pas envie de me frotter tout de suite aux pick-up et autres camions sur ce petit bout d'autoroute...

Ah! les chambres d'hôtel aux USA: GRANDES!! Les longs couloirs à la Shining sont quand même un peu effrayants...

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18h, on file dans un petit restau au style purement américain: au menu, d'énormes assiettes de beignets de poisson et de frites (bienvenue aux States!). 19h: Corentin s'endort sur la banquette en skaï rouge (il est mort de fatigue, chez nous il est 2h du matin).

Un peu de lecture? même pas, ce n'est pourtant pas les tentations qui manquent (et que nous retrouverons dans presque tous les hôtels...).

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02 août 2014

J-2 pour le grand départ!

Eh, oui! ça y est, enfin: lundi, nous prenons l'avion direction Salt Lake City pour une boucle passant Moab (avec les parcs de Canyonlands et Arches), le fin fond du Wyoming (enfin, un tout petit bout vu que c'est gigantesque: Lander, Greybull, Cody avec des noms qui font rêver comme les Wind River Mountain, les Big Horn Mountains...), et puis viendra le gros morceau du voyage: Yellowstone.

Du grès rouge en perspective, mais aussi des plaines immenses à perte de vue, des montagnes, des rivières, des geysers, des sources d'eau chaude, des cascades...

Et puis des pronghorn, des cerfs, des coyotes, des chiens de prairie, des écureuils, des élans... et si on est très chanceux, des ours.

Et aussi des cowboys, des rangers, des ouvriers du pétrole, des serveurs, des pompistes, des caissiers, des écrivains (hmff, trop loin), des ours (déjà dit, non,) et des touristes.

Bon, pour répondre à la question que tout le monde me pose: "Mais pourquoi ce coin-là des États-Unis???", j'ai décidé que la liste était vraiment trop longue et c'est pourquoi je répondrais en photo. Pour moi, ça explique tout!

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Oui, bon, je sais, il y a beaucoup de Gallmeister. Mais c'est cet éditeur qui m'a révélé mon goût pour la littérature américaine des grands espaces et pour le Nature Writing, c'est donc une suite logique.

Allez, je vous enverrai quelques photos!!

Bye, bye!

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30 juillet 2014

Le Dernier homme de Fukushima, d'Antonio Pagnotta, Don Quichotte

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Naoto Matsumura est le seul habitant de la région de Fukushima à résister au gouvernement et à la tentaculaire industrie nucléaire japonaise en retournant vivre là où il est né et a toujours vécu.

Vivre chez lui, dans sa maison irradiée, buvant et mangeant des aliments contaminés, respirant un air vicié. Pourquoi?

Pour ne pas abandonner ces lieux, pour mettre l'Etat devant ses responsabilités. Au départ, cette volonté farouche a surtout été celle de s'occuper des animaux abandonnés sur place: animaux domestiques mais aussi d'élevage. La description des étables contenant les restes du bétail coincé dans les enclos est poignante... Au fond, Naoto est un homme simple qui ne cherchait pas à entrer en guerre mais qui y a été obligé, en quelque sorte.

L'auteur est un journaliste spécialiste du Japon, a rencontré Naoto Matsumura à plusieurs reprises (clandestinement, il est interdit d'entrer dans cette zone sans autorisation) et nous éclaire sur la culture et la façon de vivre des Japonais. C'est une société encore aujourd'hui empreinte du shintô, une religion qui accorde une place importante  à la nature, qui met sur un pied d'égalité les hommes et les animaux (on retrouve cet esprit dans beaucoup d'oeuvres comme celles de Miyazaki par exemple). C'est pourquoi il était naturel pour Naoto Matsumara de venir au secours des animaux abandonnés: vaches, chiens, chats, et même autruches...

C'est aussi une passionnante charge contre le gouvernement et le lobby du nucléaire mais aussi contre une mentalité japonaise propre à l'après-guerre,  quand toute la société s'est tournée vers la production, le sacrifice pour le pays au nom du progrès et pour se sortir de l'hégémonie américaine. Ce "bond en avant" s'est accompagné d'une absence de sens critique, d'un aveuglement, d'une obéissance sans failles enseignés dans toutes les écoles, à tous les niveaux.

Selon lui, cet état d'esprit à conduit le pays à cette catastrophe humaine et environnementale qui donne le vertige.

Son engagement commence à faire boule de neige, une véritable communauté le soutient et lui envoie des dons, des colis (des aliments en conserve). C'est peu de choses en regard de sa situation... mais ça lui donne un peu d'espoir. Ce livre se lit avec la peur au ventre il est vrai, tant cette pollution invisible est cauchemardesque, heureusement l'auteur n'est pas là pour faire du sensationnalisme mais pour rendre compte de la vie d'un homme et donner son point de vue de journaliste sur cette situation.

http://www.ledernierhommedefukushimaafessenheim.com

http://www.mediapart.fr/portfolios/fukushima-17-le-dernier-homme

https://www.facebook.com/pages/Naoto-Matsumura-Guardian-of-Fukushimas-Animals/182452015189991

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Réparer les vivants

indexPas vraiment une lecture d'été mais un des meilleurs romans français de l'année!

Un livre comme ça, on n'en lit pas tous les ans: Maylis de Kerangal manie la langue française comme personne, elle en fait une musique, une symphonie, elle s'empare d'elle, la triture, la modèle pour nous plonger au coeur des mots, de leur signification profonde.

L'histoire: un jeune homme se meure après un accident de voiture en rentrant d'une cession de surf. Ses parents doivent décider si, oui ou non, ils acceptent de faire don de ses organes.

Dans cette course contre la montre, tous les versants de l'histoire sont décryptés: le cataclysme familial bien sûr, les amis, les médecins, les spécialistes de la greffe, celui qui est chargé de "négocier" avec les proches, la malade en attente de greffe.

Pas toujours facile de "supporter" un tel livre (j'ai fait quelques pauses), mais l'aspect médical et pyschologique est des plus intéressant. Et, comme je l'ai déjà dit, les mots sont tellement bien choisis, tellement surprenants (elle utilise  le champ lexical  "coeur" dans ses multiples significations par exemple), tellement vrais (c'est ça que l'on ressent surtout, ce roman n'existe pas pour être tape-à-l'oeil ou tire-larmes ou quoi que ce soit de trivial) qu'il vous plongent littéralement dans cette histoire et dans cette réflexion. Le titre lui-même prendra tout son sens à la fin de cette lecture.

Je ne ferai pas la liste de tous les prix qu'elle a récolté, mais elle le mérite. Mais pourquoi je n'avais rien lu d'elle avant?

 

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28 juillet 2014

2 Gallmeister, et pas un de moins!

0763-coverb-homesman-5357b0995a8e5Homesman de Glendon Swarthout (traduit par Laura Derajinski)

L'histoire méconnue de ces femmes parties vivre dans l'Ouest, au delà de la Frontière, à la fin du 19e. Certaines d'entre elles se sont adaptées à cette vie rude et sans concession, d'autres n'ont pas supporté les rigueurs du climat, l'éloignement, la solitude, le désir des hommes, l'abandon, la perte des êtres chers et ont franchi la frontière qui les séparaient de la folie...

4 d'entre elles doivent être ramenées à la civilisation et, devant la lâcheté des hommes, c'est une femme qui va s'en charger, Mary Bee. Elle a été institutrice, ne s'en laisse pas conter, est célibataire mais encore jeune et vigoureuse. Seulement, malgré toute sa bonne volonté et son courage, mener un chariot à travers les plaines pendant plusieurs semaines tout en s'occupant de ces femmes totalement dépendantes d'elle est impossible. Elle ne trouvera comme compagnon de route qu'un vaurien peu recommandable: menteur, voleur, roublard... bref, tout ce qu'il faut pour mettre du piment!!

Ce roman m'a littéralement transportée dans ces contrées immenses, incertaines et inhospitalières. L'immensité des espaces n'empêchent pas la tension de monter, l'angoisse de vous tenir en haleine, car quoi de pire que de sa battre contre des éléments qui vous dépassent? J'ai beaucoup aimé la fin de ce texte écrit à l'américaine: sobre et puissant à la fois. S'y déploient une émotion et une poésie qui m'ont beaucoup touchée.

Je n'ai pas encore vu le film qu'en a tiré Tommy Lee Jones...

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  La Dernière frontière de Howard Fast (traduit par Catherine de Palaminy)

Cette fiction tirée d'une histoire vraie raconte l'épopée du retour d'une tribu indienne vers ses anciens territoires. Reclus dans les confins  de l'Oklahoma, ils décident de repartir vers les vertes collines des Black Hills, terre nourricière et protectrice.

Les chapitres décrivant leur retour alternent avec ceux (moins intéressants à mon goût) décrivant les soldats et même les civils ayant pour mission d'arrêter ces 300 indiens, hommes, femmes et enfants faméliques.

Arrive ce moment inoubliable à l'issue de la traversée des Badlands, les bien nommées, et l'apparition fantomatique des survivants que rien ne peut arrêter car, comme le dit un éclaireur indien, "ils sont déjà morts", jusqu'à cette effroyable scène, indigne au possible et totalement inutile...

Un texte fort sur un moment peu glorieux de l'histoire américaine et sur la résistance de quelques uns.

 

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