Petit Sachem a lu

02 août 2014

J-2 pour le grand départ!

Eh, oui! ça y est, enfin: lundi, nous prenons l'avion direction Salt Lake City pour une boucle passant Moab (avec les parcs de Canyonlands et Arches), le fin fond du Wyoming (enfin, un tout petit bout vu que c'est gigantesque: Lander, Greybull, Cody avec des noms qui font rêver comme les Wind River Mountain, les Big Horn Mountains...), et puis viendra le gros morceau du voyage: Yellowstone.

Du grès rouge en perspective, mais aussi des plaines immenses à perte de vue, des montagnes, des rivières, des geysers, des sources d'eau chaude, des cascades...

Et puis des pronghorn, des cerfs, des coyotes, des chiens de prairie, des écureuils, des élans... et si on est très chanceux, des ours.

Et aussi des cowboys, des rangers, des ouvriers du pétrole, des serveurs, des pompistes, des caissiers, des écrivains (hmff, trop loin), des ours (déjà dit, non,) et des touristes.

Bon, pour répondre à la question que tout le monde me pose: "Mais pourquoi ce coin-là des États-Unis???", j'ai décidé que la liste était vraiment trop longue et c'est pourquoi je répondrais en photo. Pour moi, ça explique tout!

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Oui, bon, je sais, il y a beaucoup de Gallmeister. Mais c'est cet éditeur qui m'a révélé mon goût pour la littérature américaine des grands espaces et pour le Nature Writing, c'est donc une suite logique.

Allez, je vous enverrai quelques photos!!

Bye, bye!

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30 juillet 2014

Le Dernier homme de Fukushima, d'Antonio Pagnotta, Don Quichotte

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Naoto Matsumura est le seul habitant de la région de Fukushima à résister au gouvernement et à la tentaculaire industrie nucléaire japonaise en retournant vivre là où il est né et a toujours vécu.

Vivre chez lui, dans sa maison irradiée, buvant et mangeant des aliments contaminés, respirant un air vicié. Pourquoi?

Pour ne pas abandonner ces lieux, pour mettre l'Etat devant ses responsabilités. Au départ, cette volonté farouche a surtout été celle de s'occuper des animaux abandonnés sur place: animaux domestiques mais aussi d'élevage. La description des étables contenant les restes du bétail coincé dans les enclos est poignante... Au fond, Naoto est un homme simple qui ne cherchait pas à entrer en guerre mais qui y a été obligé, en quelque sorte.

L'auteur est un journaliste spécialiste du Japon, a rencontré Naoto Matsumura à plusieurs reprises (clandestinement, il est interdit d'entrer dans cette zone sans autorisation) et nous éclaire sur la culture et la façon de vivre des Japonais. C'est une société encore aujourd'hui empreinte du shintô, une religion qui accorde une place importante  à la nature, qui met sur un pied d'égalité les hommes et les animaux (on retrouve cet esprit dans beaucoup d'oeuvres comme celles de Miyazaki par exemple). C'est pourquoi il était naturel pour Naoto Matsumara de venir au secours des animaux abandonnés: vaches, chiens, chats, et même autruches...

C'est aussi une passionnante charge contre le gouvernement et le lobby du nucléaire mais aussi contre une mentalité japonaise propre à l'après-guerre,  quand toute la société s'est tournée vers la production, le sacrifice pour le pays au nom du progrès et pour se sortir de l'hégémonie américaine. Ce "bond en avant" s'est accompagné d'une absence de sens critique, d'un aveuglement, d'une obéissance sans failles enseignés dans toutes les écoles, à tous les niveaux.

Selon lui, cet état d'esprit à conduit le pays à cette catastrophe humaine et environnementale qui donne le vertige.

Son engagement commence à faire boule de neige, une véritable communauté le soutient et lui envoie des dons, des colis (des aliments en conserve). C'est peu de choses en regard de sa situation... mais ça lui donne un peu d'espoir. Ce livre se lit avec la peur au ventre il est vrai, tant cette pollution invisible est cauchemardesque, heureusement l'auteur n'est pas là pour faire du sensationnalisme mais pour rendre compte de la vie d'un homme et donner son point de vue de journaliste sur cette situation.

http://www.ledernierhommedefukushimaafessenheim.com

http://www.mediapart.fr/portfolios/fukushima-17-le-dernier-homme

https://www.facebook.com/pages/Naoto-Matsumura-Guardian-of-Fukushimas-Animals/182452015189991

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Réparer les vivants

indexPas vraiment une lecture d'été mais un des meilleurs romans français de l'année!

Un livre comme ça, on n'en lit pas tous les ans: Maylis de Kerangal manie la langue française comme personne, elle en fait une musique, une symphonie, elle s'empare d'elle, la triture, la modèle pour nous plonger au coeur des mots, de leur signification profonde.

L'histoire: un jeune homme se meure après un accident de voiture en rentrant d'une cession de surf. Ses parents doivent décider si, oui ou non, ils acceptent de faire don de ses organes.

Dans cette course contre la montre, tous les versants de l'histoire sont décryptés: le cataclysme familial bien sûr, les amis, les médecins, les spécialistes de la greffe, celui qui est chargé de "négocier" avec les proches, la malade en attente de greffe.

Pas toujours facile de "supporter" un tel livre (j'ai fait quelques pauses), mais l'aspect médical et pyschologique est des plus intéressant. Et, comme je l'ai déjà dit, les mots sont tellement bien choisis, tellement surprenants (elle utilise  le champ lexical  "coeur" dans ses multiples significations par exemple), tellement vrais (c'est ça que l'on ressent surtout, ce roman n'existe pas pour être tape-à-l'oeil ou tire-larmes ou quoi que ce soit de trivial) qu'il vous plongent littéralement dans cette histoire et dans cette réflexion. Le titre lui-même prendra tout son sens à la fin de cette lecture.

Je ne ferai pas la liste de tous les prix qu'elle a récolté, mais elle le mérite. Mais pourquoi je n'avais rien lu d'elle avant?

 

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28 juillet 2014

2 Gallmeister, et pas un de moins!

0763-coverb-homesman-5357b0995a8e5Homesman de Glendon Swarthout (traduit par Laura Derajinski)

L'histoire méconnue de ces femmes parties vivre dans l'Ouest, au delà de la Frontière, à la fin du 19e. Certaines d'entre elles se sont adaptées à cette vie rude et sans concession, d'autres n'ont pas supporté les rigueurs du climat, l'éloignement, la solitude, le désir des hommes, l'abandon, la perte des êtres chers et ont franchi la frontière qui les séparaient de la folie...

4 d'entre elles doivent être ramenées à la civilisation et, devant la lâcheté des hommes, c'est une femme qui va s'en charger, Mary Bee. Elle a été institutrice, ne s'en laisse pas conter, est célibataire mais encore jeune et vigoureuse. Seulement, malgré toute sa bonne volonté et son courage, mener un chariot à travers les plaines pendant plusieurs semaines tout en s'occupant de ces femmes totalement dépendantes d'elle est impossible. Elle ne trouvera comme compagnon de route qu'un vaurien peu recommandable: menteur, voleur, roublard... bref, tout ce qu'il faut pour mettre du piment!!

Ce roman m'a littéralement transportée dans ces contrées immenses, incertaines et inhospitalières. L'immensité des espaces n'empêchent pas la tension de monter, l'angoisse de vous tenir en haleine, car quoi de pire que de sa battre contre des éléments qui vous dépassent? J'ai beaucoup aimé la fin de ce texte écrit à l'américaine: sobre et puissant à la fois. S'y déploient une émotion et une poésie qui m'ont beaucoup touchée.

Je n'ai pas encore vu le film qu'en a tiré Tommy Lee Jones...

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  La Dernière frontière de Howard Fast (traduit par Catherine de Palaminy)

Cette fiction tirée d'une histoire vraie raconte l'épopée du retour d'une tribu indienne vers ses anciens territoires. Reclus dans les confins  de l'Oklahoma, ils décident de repartir vers les vertes collines des Black Hills, terre nourricière et protectrice.

Les chapitres décrivant leur retour alternent avec ceux (moins intéressants à mon goût) décrivant les soldats et même les civils ayant pour mission d'arrêter ces 300 indiens, hommes, femmes et enfants faméliques.

Arrive ce moment inoubliable à l'issue de la traversée des Badlands, les bien nommées, et l'apparition fantomatique des survivants que rien ne peut arrêter car, comme le dit un éclaireur indien, "ils sont déjà morts", jusqu'à cette effroyable scène, indigne au possible et totalement inutile...

Un texte fort sur un moment peu glorieux de l'histoire américaine et sur la résistance de quelques uns.

 

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06 avril 2014

La Grande peur du petit blanc, Frédéric Paulin, éd. Goater Noir

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Frédéric Paulin a du sacrément se documenter pour ce roman sur la guerre d'Algérie qui, pourtant, semble couler de source.

Il met en place toute une galerie de portraits justes et variés, la plus complète possible pour "embrasser" cette guerre dans toute sa complexité: les soldats français (des engagés fidèles à l'armée vrillée au corps aux soldats lucides et dépités), harkis, fellaghas, putschistes, barbouzes luttant contre les précédents, sans oublier leurs familles, femmes et enfants.

Il nous entraîne, au gré de chapitres aux narrateurs et aux époques changeants, dans une plongée au coeur des "évènements" (combats, fidélité à la France, entrée en résistance, attentats, torture, exil). Ses personnages sont tous très riches, car jamais caricaturaux, et il parvient à leur faire vivre des situations dramatiques qui enchaînent le lecteur à son récit.

L'intrigue centrée sur quatre soldats français et deux algériens aux convictions opposées s'achèvera à Rennes, autour de l'usine Citroën. Car ce dont parle aussi Frédéric Paulin, c'est l'après, le devenir des soldats aux souvenirs traumatisants, des harkis chassés de leurs pays et des fellaghas indésirables après les luttes de pouvoir.

Pour des raisons personnelles, je connais assez bien la condition des appelés en Algérie, et j'ai vraiment appris beaucoup sur la période concernant l'OAS et les barbouzes ainsi que sur l'exil en France.

Un très bon roman, bien construit, qu'on ne lâche plus, avec des personnages dont la destinée ne pourra vous laisser indifférents! Et un auteur que je suis de près et que j'adore quand il écrit des romans avec un arrière-plan historique comme dans la Dignité des psychopates.

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17 mars 2014

Molosses, Craig Johnson, Gallmeister

 

molosses Le nouveau Craig Johnson est arrivé...

Et je ne l'ai pas lâché une seconde!

C'est un épisode assez atypique, le plus drôle de la série et qui se passe entièrement à Durant, par un froid de gueux.

Ca commence comme ça: "J'avais du mal à obtenir une réponse claire de la part du petit-fils et de son épouse: pour quelle raison leur grand-père s'était-il retrouvé attaché au bout d'une corde de nylon de 35 mètres de long au par-choc arrière de l'Odsmobile Toronado de 1968?"

Et oui, on se le demande... il faut savoir que dans la famille Stewart, propriétaire de la casse du coin et gérante de la déchetterie (oh pardon, le "site municipal de dépôt, tri et récupération des déchets"), on est un peu "cas social" de père en fils.

Cette décharge va d'autant plus intéresser notre shérif préféré qu'on vient d'y retrouver un...pouce.

C'est donc une petite enquête locale apparemment pépère qui se met en place de façon un peu chaotique car Walt Longmire n'est pas très aidé par ses collègues. Non seulement Vic lui tourne autour comme une abeille légèrement agressive à l'approche de la Saint-Valentin, mais Sancho le basque souffre d'un très sérieux SSPT (syndrome de stress et pétoche sur le terrain) qui le rend passablement nerveux. Et, source de stress supplémentaire, sa fille commence à préparer son prochain mariage, avec l'aide d'Henry Standing Bear.

Un roman peuplé de personnages hauts en couleurs, où on ressent fortement l'affection profonde de Craig Johnson pour les personnages atypiques inspirés de personnes qu'il a connues (voir la postface), et agrémenté d'un humour ravageur. Sans parler de son goût pour les vieilles bagnoles et les gros chiens (mais ça c'est une autre histoire!).

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10 février 2014

Terminus Belz, Emmanuel Grand, Liana Levi

belzUn bon coup d'embruns!

4 Ukrainiens "choisissent" de gagner la France clandestinement, mais tout ne se passe pas comme prévu avec les passeurs... Après cela, ils savent qu'il seront traqués et décident de se séparer aux 4 coins de la France.

Marko se retrouve par hasard embarqué comme marin pêcheur sur l'île de Belz, près de Lorient (ne la cherchez pas sur une carte, c'est une île imaginaire). Mais ce bout du monde est-il une cachette idéale ou un piège infernal? Marko se trouve tout de suite confronté à la colère, la jalousie des locaux face à cet étranger qui leur vole une place de marin, en ces temps où le travail ne court pas les rues. Mais il peut compter sur le soutien de son patron, un homme fort mais éprouvé par la vie, et la générosité d'un vieux libraire.

Pendant ce temps, la traque mafieuse se met en place, machine de mort mené par un tueur implacable. Danger plus important que la malédiction qui semble peser sur l'île?  il s'y déroule des phénomènes étranges, comme ce meurtre tellement  sauvage qu'on le croirait commis par une puissance maléfique. L'Ankou aurait-il jeté son dévolu sur cette île et ses occupants? mais pourquoi?

Un bon 1er polar que j'ai lu avec plaisir malgré quelques bémols: j'aurais aimé que la partie sur les immigrés clandestins soit plus étoffée, plus approfondie, certains personnages sont un peu caricaturaux et auraient mérité un peu plus de complexité, et, surtout, j'ai été gênée par quelques scènes qui manquaient pour moi de crédibilité vers la fin du livre.

Emmanuel Legrand a bien lu son Anatole Le Bras et son étude des signes et intersignes qui annoncent la mort en Bretagne et parvient à faire dresser quelques poils sur la nuque sans verser trop loin du côté obscur du polar ésotérique (dont j'ai horreur!). J'ai aussi beaucoup aimé sa description du métier de marin pêcheur et ses très beaux portraits d'hommes touchés dans leur dignité. A découvrir donc!

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06 janvier 2014

Yeruldelgger, Ian Manook, Albin Michel

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 Waouh! ça faisait longtemps que je n'avais pas été accro à un bon polar! c'est vrai que le "pitch" ne pouvait que m'attirer: des grands espaces (mongols) et un flic maudit... le tout écrit par un français inconnu au bataillon et au nom plus qu'impropable, et baroudeur en plus. Que de promesses...

Eh bien! je n'ai pas été déçue par ce 1er roman, mais je me demande ce qu'il attendait pour nous faire profiter de son talent de raconteur d'histoires, d'une langue si belle, d'une composition si bien menée, sans temps morts et crescendo, de la profonde humanité qui se dégage de tout cela? je serai presque énervée là.

Yeruldelgger est un flic mongol cabossé par la vie depuis la mort de sa fillette. Alors, quand le meilleur commissaire d'Oulan-Bator se voit obliger de déterrer le cadavre d'une gamine avec son tricycle en pleine steppe et qu'il doit en plus résoudre un triple meurtre de chinois, autant vous dire qu'il n'a rien à perdre et qu'il ira jusqu'au bout.

Un polar très riche, peuplé de personnages marquants (la légiste, ses collègues, le gamin des bas-fonds), aux multiples rebondissements (je le savais!), sur les ravages causés par les mutations de la société et de la consommation. La Mongolie y est dépeinte dans ses traditions et ses tiraillements actuels, entre le thé rance au beurre et les Experts à Miami...

Suivre l'itinéraire de Yeruldelgger est passionnant tant ce personnage passe par des stades très différents: de la rage primaire à l'anéantissement de tout sentiment, du retour aux sources à la renaissance spirituelle. Cela me rappelle un peu Shibumi, et vu l'âge de l'auteur (mais si, c'est gentil!), ça ne m'étonnerait pas qu'il ait lu quelques Trevanian.

Bref, LISEZ-LE! et en attendant la suite, je retourne vagabonder en esprit, loin.

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The Main, Trevanian, Gallmeister

main Un Trevanian tellement différent des autres qu'on se demande presque si c'est un vrai, surtout quand on connaît le mystère qui plane autour de cet écrivain...

Une grande ville canadienne, un  quartier populaire qui vit ses dernières heures, un vieux flic finissant. C'est dans une ambiance nimbée de mélancolie et d'une certaine douceur, presqu'une langueur, que Trevanian peint ce portrait de flic si attaché à "son" quartier qu'il en fait partie, comme ses vieilles pierres qu'on finit par ne plus remarquer.

Cet homme-là, derrière son professionnalisme à l'ancienne et son paternalisme, cache une souffrance qu'il entretient au jour le jour: la perte de sa jeune épousée, il  y a plus de  trente ans. Il vit toujours avec elle, imaginant vieillir à ses côtés et les enfants qu'ils auraient eu ensemble (deux filles). Son appartement est le refuge de ses rêves inachevés.

Bien sûr, il y a un mort et le vieux flic mène l'enquête auprès des SDF et des prostituées du quartier, affublé d'un "bleu" tout juste sorti de l'université: une autre espèce, plus cérébrale, moins instinctive. Deux concepts du métier et de la vie diamétralement opposés...Deux jeunes filles viendront aussi chambouler ses vieilles habitudes.

The Main commence et s'achève sur un travelling de cinéma qui déroule lentement tout ce quartier, véritable personnage principal de ce roman, symbole d'une époque et d'une manière de vivre pauvre certes, mais fraternelle. Ce beau roman, écrit avec une lenteur assumée, à des années-lumière de Shibumi, plaira-t-il à tous les fans de Trevanian?

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10 novembre 2013

Faillir être flingué, Cécile Minard, éd.Rivages

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 Genre: nouveau western

Lieu: les plaines de l'Ouest

Personnage principal: une multitude

Cécile Minard parvient à nous faire revivre la conquête de l'Ouest grâce à une écriture brillante: épurée, poétique, masculine et féminine à la fois. Elle déploie tout un faisceau de vies à travers de nombreux personnages: le pionnier, le trappeur, le médecin, le cow-boy, la petite chinoise, la chamane, la fille du saloon, le barbier, les indiens... Leurs destins convergent tous vers une petite ville tout juste née et qui deviendra, pour bon nombre d'entre eux, le début ou la fin de tout.

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De nombreuses références jalonnent ce roman, je pense aussi bien à la littérature qu'au cinéma (Dorothy Johnson, Clint Eastwood, etc...) mais elles font si intimement partie du récit que l'on n'y pense jamais en se disant "tiens, l'auteur connaît ceci ou cela" (ce qui aurait été désagréable!). Non, le style est fluide et limpide, il coule comme la rivière dans la prairie!

Une très belle histoire, puissante et subtile à la fois, hyper maîtrisée mais jamais trop. Je trouve qu'elle garde une fraîcheur qui m'a fait une forte impression, d'autant plus que je sortais à peine de la lecture d'un texte de Dorothy Johnson (un auteur qui écrivait quasiment au moment de la conquête de l'Ouest). Comment écrire aujourd'hui un texte qui ait l'air d'être "primitif", "d'origine", malgré les innombrables créations littéraires et cinématographiques sur ce sujet? Eh bien, je ne sais pas mais Cécile Minard y arrive, et de quelle façon!

Voir l'avis de Keisha

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