Petit Sachem a lu

Ouest américain: Arches

7 août: Parc national de Arches...attention, vous allez tomber amoureux!

Mille merveilles à voir dans ce parc, alors réveil à 6h, départ à 6h48 et arrivée au parc à 7h08! (74° F)

Grâce aux forums de Road Trippin et Voyage Forum, je sais qu'il faut traverser les 24 km de long du parc sans se laisser distraire par toutes les beautés que nous croisons pour profiter de ce lieu magique au mieux et pour anticiper une chaleur réputée mortelle! Alors, on y va tout schuss en s'extasiant sur le paysage!

01-DSC_0318

02-DSC_0325

Arrivée au parking de Devil's Garden à 7h55: on débute notre rando vers Landscape Arch à la fraîche dans de petits canyons. Nous frissonnons presque de froid, quel délice! Chemins sablonneux, grands pans de falaises rouges, quelques cris d'oiseaux... c'est le bonheur

04-DSC_0332

06-DSC_0339

Juste avant l'arche, notre 1er chipmunk: Corentin craque complètement pour ces bestioles, et il y a de quoi...

10-DSC_0356

Landscape Arch, la plus grande arche du monde: elle est à la fois majestueuse et fragile.

08-DSC_0345

09-DSC_0355

Un chemin continue que nous ne prendrons pas (des regrets, mais je pense que c'était quand même la bonne décision car ça va bientôt chauffer!). On rebrousse donc chemin, en prenant quelques sentiers de traverse vers Tunnel Arch

16-DSC_0396

et la délicieuse Pine Tree Arch (juste derrière, il y a un véritable terrain de glisse parfait pour un enfant de presque 10 ans, chut!)

12-DSC_0375

14-DSC_039115-DSC_0392

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sur le chemin du retour, le nombre de touristes commence à augmenter. J'ai l'impression qu'on est les seuls à remarquer ces lapins, lézards et autres bestioles!

On reprend la voiture pour aller vers un de ses endroits qui reste à jamais gravé dans votre coeur: Sand Dune Arch. Au milieu d'une barre rocheuse, un étroit canyon au sol de sable fin nous mène vers ce lieu magique:

19-DSC_0409

21-DSC_0413

23-DSC_0418

Il n'y a presque personne: "Luxe, calme et volupté"

J'adore la vallée que nous suivons: un désert oui, mais je trouve ses couleurs splendides:

49-DSC_0539

28-DSC_0446

Pause pique-nique en avance sur tout le monde: on profite de l'ombre pour nous seuls. Normalement, sur cette photo, un détail doit vous sauter aux yeux, enfin nous (et surtout Corentin), on a trouvé ça un poil provocateur dans un désert!

29-DSC_0448

 

 

 

Gros morceau de la journée, le secteur des Windows: il y a des arches dans tous les coins... et beaucoup  de touristes... on arrive à trouver une place sur le parking, on fait le plein d'eau et c'est parti vers North Windows (pleine de monde) et South Windows (plus tranquille).

25-DSC_0427

33-DSC_0458

34-DSC_0463

31-DSC_0453

37-DSC_047638-DSC_0487

C'est là qu'Olivier a l'idée d'aller vers notre prochaine destination (Double Arch) en passant par l'arrière de South Windows. Pour ceux qui connaissent, on prend un bout du Primitive Loop. On est en plein cagnard! Oui, mon chéri, c'est beau, oui... En fait, je pense qu'il a voulu se débarrasser de moi. Mais je marche plus vite que mon ombre (ça tombe bien, y'en a pas!): j'ai l'impression de courir sur des braises ardentes et de cuire du bas vers le haut (on l'inverse?). Vite, à l'ombre!!

40-DSC_0492

41-DSC_0493

Bon, j'ai survécu. Juste en face de nous, Double Arch (pour les fans d'Indiana Jones, on la voit au début de la Dernière Croisade). Ce n'est pas très loin en fait, mais il faut d'abord aller se ravitailler en eau dans la voiture (elle est à T° ambiante mais on s'en fiche).

44-DSC_0503

On y est arrivé, on profite longtemps de l'ombre sous cette grande arche.

45-DSC_0515

47-DSC_0530

Mais la chaleur a commencé à attaquer le cerveau de la mère et du fils: mes doigts ont gonflé et on dirait des saucisses. Du coup, on commence à délirer et à tout voir sous formes de saucisses, chipos et autres merguez! Corentin invente même un nouveau système pour l'heure: on ne dit plus "il est 13 heures et 45 minutes" mais "13 saucisses et 45 merguez"! Oui, ça m'a fait rire mais je n'ais plus toutes mes facultés mentales... J'ai même cru voir une limousine sur le parking! Hallucination ou pas??? 1-CIMG5938

Il est 14h: la chaleur est intenable (pour nous en tout cas). Fuyons d'ici et précipitons-nous dans la piscine!

57-DSC_0568

même si la journée n'est pas terminée...

Posté par petitsachem à 21:45 - - Commentaires [5] - Permalien [#]


Ouest américain: Canyonlands

 

 

6 août: finie la rigolade, c'est parti pour le dépaysement total!

Réveil matinal, on profite du décalage horaire et d'être les 1ers au p'tit déj (on fait abstraction des donuts et autres pâtisseries douteuses, mais qu'est-ce que c'est que ces céréales bleues, roses et vertes??)

02-DSC_0070

Programme de la journée: Canyonlands sur le plateau du Colorado! Nous n'en ferons qu'une petite partie, Island is the Sky, car ce parc est immense. La route est déjà une merveille et il ne fait que 71° Fahrenheit à 7h30 (21° Celsius).

Un petit arrêt pour admirer le point de vue sur le Shaifer Trail: vertigineux! On y va... ou pas.

 26-DSC_0195

 

27-DSC_0196

05-DSC_0094

Et on commence par une balade très agréable, à la fraîche, vers notre 1ère arche de grès rouge, Mesa Arch. Je n'ai rien dit à Olivier et Corentin, ils ont la surprise! Quelle beauté et, en plus, il n'y a presque personne.

10-DSC_0115

08-DSC_0111

En chemin, nous voyons nos 1ers écureuils, lézards et compagnie (à bien y regarder, ces lieux à priori inhospitaliers grouillent de vie).

01-DSC_0068

Bon, passons aux choses sérieuses: Island in The Sky est aussi appelé le "petit Grand Canyon" et voilà pourquoi! C'est tellement gigantesque qu'il n'y a rien à dire...

13-DSC_0130

15-DSC_0137

Nous partons en bordure de falaises pour une petite promenade d'1 h. A l'aller: la vue, l'immensité, le vent nous donnent des ailes! Au retour: Corentin et moi sommes au bord de l'apoplexie :( il est 11h et j'ai l'impression de cuire sur place, plus de souffle, suis toute rouge, Corentin se traîne lamentablement...  C'est sûr, on va crever là, après 40 ans, t'es plus rien de toute façon!! Bon, en fait, tout s'explique: on est à presque 2000 mètres d'altitude et on est presque dans le désert... Pendant ce temps là, Olivier ne souffre pas, lui!!

18-DSC_0146

19-DSC_0152

20-DSC_0154

Un pique-nique, de l'eau fraîche (glacière, je t'aime) et ça repart... un peu! De quoi nous régaler de la vue sublimissime de Green River Overlook: les méandres de la rivière en contrebas, et tout au fond, The Maze, endroit mythique pour les lecteurs du Gang de la clé à molette... C'est grisant d'être ici!

22-DSC_0165

23-DSC_0167

25-DSC_0187

On finit par Dead Horse State Point, à quelques centaines de mètres au-dessus du Colorado.

30-DSC_0212

De l'autre côté, une vision surréaliste: des bassin d'un bleu irréel... en fait, les bassins de mines de potasse (d'où le nombre de camions et l'immense train de marchandise). Je cite Corentin: "c'est beau mais c'est chimique... mais c'est beau"

32-DSC_0218

Il est 14h, la chaleur (96° F) devient très difficile pour 2 membres de cette famille (le 3ème doit venir d'une autre planète). 36-DSC_0314

Vite, la piscine de l'hôtel!!!

Olivier poursuivra son rêve de piste en empruntant une route qui longe le Colorado pour monter jusqu'à Island in the Sky (bon, il fera juste quelques km...). Ça mérite une bonne bière fraîche!

 

Posté par petitsachem à 18:08 - - Commentaires [3] - Permalien [#]

04 octobre 2014

Ouest américain: on the road 1

5 août: réveil très matinal après une nuit un peu chaotique.CIMG5901

Direction Moab au Sud-Est avec 4 à 5 h de route prévue (au départ...). Sur l'autoroute, Corentin continue son reportage photo: sa mission, shooter un vrai camion américain avec "un nez bien carré", c'est dur en roulant...

CIMG5917

En roulant, on commence à avoir des doutes sur l'assurance de la voiture (je passe des coups de fil). Les paysages défilent et ne se ressemblent pas: larges plaines, montagnes vertes, étendues desséchées. On roule dans des gorges sur une route qui coule toute seule (bon, c'est quand même bizarre avec une voiture automatique), on passe près d'une centrale à charbon (je continue à passer des coups de fil, grrr...).

1-DSC_00053-DSC_0016

Price: tout le monde descend, on va faire des courses dans un Wa***art et on réfléchit sérieusement à faire demi-tour (une histoire d'assurance). Les courses! je découvre que j'adore ça aux USA!!! Toutes ces choses qu'on a pas chez nous, ces trucs dont je me demande à quoi ils peuvent bien servir, et surtout, surtout, le rayon PÂTISSERIE me rend dingue! La variété de cookies, de muffins, de doonuts de toutes les couleurs est affolante et rien qu'à les regarder, je suis rassasiée (ou écoeurée au choix)... Bon, on arrive quand même à trouver des petites salades pour nous, le plus compliqué étant de trouver des ingrédients susceptibles de contribuer à la fabrication de ce qui se rapprocherait le plus d'un banal "jambon-beurre" français pour Coco (c'est dur).

Pas le choix, retour vers Salt Lake City pour un complément d'assurance (on aurait peut-être pu sans passer, mais au moins, on sera tranquille), mais la route est belle alors haut les coeurs! 4h en plus au total quand même :-(.

Plein de panneaux publicitaires autour de Salt Lake pour nous inciter à se refaire les dents, les seins, se débarrasser de ses varices, etc. Tentant, mais on n'a pas le temps...Photo-0770

Chouette souvenir: l'arrêt dans une station-service typique. On s'amuse à observer les moeurs américaines: c'est quoi cette obsession pour la glace? Il y a tout un tas de distributeurs de sodas mais avant de remplir leur gobelet avec ladite boisson, ils le remplissent de glace jusqu'à ras-bord (tout au long de notre voyage, on se retrouvera avec des boissons qui font mal aux dents dès qu'on oublie de préciser "without ice please!). Oh! il y a même de la viande séchée à vendre (pour survivre dans le désert comme Abbey ou Peacock. On en goûtera: c'est beurk).

Corentin a droit a une glace taille "small", qui disaient... j'aimerais bien voir les big! Bon, pour le café, c'est pas l'eldorado. 1ère leçon de conduite automatique sur le parking: c'est facile en fait. Yeah!

4-DSC_0024Allez, c'est reparti: paysages grandioses et désertiques, tourbillons de sable, camions qui roulent très vite, longue chaîne de montagne à notre gauche qui sort de terre sans transition avec la plaine, 1ères antilopes. On est sous le charme.

 

 

 

A l'approche de Moab, la roche change de couleur, vire au rouge et s'élève abruptement au loin. On a l'impression d'entrer dans la légende du Far West.

5-DSC_0046

Moab enfin! une petite ville dédiée au tourisme de plein air où flotte un parfum de bohème bien agréable. On découvre l'hôtel où nous passerons 3 nuits (le seul endroit du voyage où le bonjour sera optionnel) et plongeons dans la piscine avec délectation, sans oublier le spa...

 

 

 

 

Posté par petitsachem à 15:40 - - Commentaires [5] - Permalien [#]

13 septembre 2014

Ouest américain: le départ

Photo-0763

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et voilà! ça fait des années que j'en rêve: partir dans l'Ouest américain tous les trois. On y est :-)

Je vous passerai les détails du pré-voyage (taxi, bus, train, navette...). Il faut attendre, attendre très longtemps pour enfin monter dans cet avion (le 1er pour Corentin, chouettes sensations!).

Un petit coucou en passant au Groenland, à la Baie d'Hudson, au Canada (plein de petits laccs) et au Montana (plein de champs au carré). Photo-0764

La descente vers Salt Lake City est assez remuante... Nous sommes excités et fatigués à la fois!!

Hélas, trois fois hélas, il nous faudra prendre notre mal en patience car l'attente à la douane sera un peu longuette (presque 1h!!): pourquoi? une pénurie de douaniers peut-être... "Maman, on va rester là combien de temps?".

En plus, je m'étais fait une montagne de ce passage à la douane américaine, réputée pointilleuse et je m'attendais à vous faire part de quelques questions saugrenues: rien, nada, que dalle.  On passe tous les 3, très rapidement: prise d'empreintes, photos, passeport (le tout demandé en "franglish" et presque chanté par un douanier dont seul Corentin notera le nom: "T'as vu? il s'appelle M. Citron!!").

Allez, en route pour le retrait de la voiture (qui nous paraît énorme sur le moment, mais c'était avant de se comparer aux autres voitures...).

Je laisse le soin de conduire à Monsieur (je n'ai pas encore mon permis de conduite automatique!) et je n'ai pas envie de me frotter tout de suite aux pick-up et autres camions sur ce petit bout d'autoroute...

Ah! les chambres d'hôtel aux USA: GRANDES!! Les longs couloirs à la Shining sont quand même un peu effrayants...

Photo-0765

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

18h, on file dans un petit restau au style purement américain: au menu, d'énormes assiettes de beignets de poisson et de frites (bienvenue aux States!). 19h: Corentin s'endort sur la banquette en skaï rouge (il est mort de fatigue, chez nous il est 2h du matin).

Un peu de lecture? même pas, ce n'est pourtant pas les tentations qui manquent (et que nous retrouverons dans presque tous les hôtels...).

Photo-0767

Posté par petitsachem à 17:41 - - Commentaires [6] - Permalien [#]

02 août 2014

J-2 pour le grand départ!

Eh, oui! ça y est, enfin: lundi, nous prenons l'avion direction Salt Lake City pour une boucle passant Moab (avec les parcs de Canyonlands et Arches), le fin fond du Wyoming (enfin, un tout petit bout vu que c'est gigantesque: Lander, Greybull, Cody avec des noms qui font rêver comme les Wind River Mountain, les Big Horn Mountains...), et puis viendra le gros morceau du voyage: Yellowstone.

Du grès rouge en perspective, mais aussi des plaines immenses à perte de vue, des montagnes, des rivières, des geysers, des sources d'eau chaude, des cascades...

Et puis des pronghorn, des cerfs, des coyotes, des chiens de prairie, des écureuils, des élans... et si on est très chanceux, des ours.

Et aussi des cowboys, des rangers, des ouvriers du pétrole, des serveurs, des pompistes, des caissiers, des écrivains (hmff, trop loin), des ours (déjà dit, non,) et des touristes.

Bon, pour répondre à la question que tout le monde me pose: "Mais pourquoi ce coin-là des États-Unis???", j'ai décidé que la liste était vraiment trop longue et c'est pourquoi je répondrais en photo. Pour moi, ça explique tout!

Photo-0746

Photo-0748

Photo-0750

Photo-0751

Photo-0753

Oui, bon, je sais, il y a beaucoup de Gallmeister. Mais c'est cet éditeur qui m'a révélé mon goût pour la littérature américaine des grands espaces et pour le Nature Writing, c'est donc une suite logique.

Allez, je vous enverrai quelques photos!!

Bye, bye!

Posté par petitsachem à 19:50 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
Tags : ,



30 juillet 2014

Le Dernier homme de Fukushima, d'Antonio Pagnotta, Don Quichotte

index

Naoto Matsumura est le seul habitant de la région de Fukushima à résister au gouvernement et à la tentaculaire industrie nucléaire japonaise en retournant vivre là où il est né et a toujours vécu.

Vivre chez lui, dans sa maison irradiée, buvant et mangeant des aliments contaminés, respirant un air vicié. Pourquoi?

Pour ne pas abandonner ces lieux, pour mettre l'Etat devant ses responsabilités. Au départ, cette volonté farouche a surtout été celle de s'occuper des animaux abandonnés sur place: animaux domestiques mais aussi d'élevage. La description des étables contenant les restes du bétail coincé dans les enclos est poignante... Au fond, Naoto est un homme simple qui ne cherchait pas à entrer en guerre mais qui y a été obligé, en quelque sorte.

L'auteur est un journaliste spécialiste du Japon, a rencontré Naoto Matsumura à plusieurs reprises (clandestinement, il est interdit d'entrer dans cette zone sans autorisation) et nous éclaire sur la culture et la façon de vivre des Japonais. C'est une société encore aujourd'hui empreinte du shintô, une religion qui accorde une place importante  à la nature, qui met sur un pied d'égalité les hommes et les animaux (on retrouve cet esprit dans beaucoup d'oeuvres comme celles de Miyazaki par exemple). C'est pourquoi il était naturel pour Naoto Matsumara de venir au secours des animaux abandonnés: vaches, chiens, chats, et même autruches...

C'est aussi une passionnante charge contre le gouvernement et le lobby du nucléaire mais aussi contre une mentalité japonaise propre à l'après-guerre,  quand toute la société s'est tournée vers la production, le sacrifice pour le pays au nom du progrès et pour se sortir de l'hégémonie américaine. Ce "bond en avant" s'est accompagné d'une absence de sens critique, d'un aveuglement, d'une obéissance sans failles enseignés dans toutes les écoles, à tous les niveaux.

Selon lui, cet état d'esprit à conduit le pays à cette catastrophe humaine et environnementale qui donne le vertige.

Son engagement commence à faire boule de neige, une véritable communauté le soutient et lui envoie des dons, des colis (des aliments en conserve). C'est peu de choses en regard de sa situation... mais ça lui donne un peu d'espoir. Ce livre se lit avec la peur au ventre il est vrai, tant cette pollution invisible est cauchemardesque, heureusement l'auteur n'est pas là pour faire du sensationnalisme mais pour rendre compte de la vie d'un homme et donner son point de vue de journaliste sur cette situation.

http://www.ledernierhommedefukushimaafessenheim.com

http://www.mediapart.fr/portfolios/fukushima-17-le-dernier-homme

https://www.facebook.com/pages/Naoto-Matsumura-Guardian-of-Fukushimas-Animals/182452015189991

naoto

images

Posté par petitsachem à 22:27 - Commentaires [1] - Permalien [#]

Réparer les vivants

indexPas vraiment une lecture d'été mais un des meilleurs romans français de l'année!

Un livre comme ça, on n'en lit pas tous les ans: Maylis de Kerangal manie la langue française comme personne, elle en fait une musique, une symphonie, elle s'empare d'elle, la triture, la modèle pour nous plonger au coeur des mots, de leur signification profonde.

L'histoire: un jeune homme se meure après un accident de voiture en rentrant d'une cession de surf. Ses parents doivent décider si, oui ou non, ils acceptent de faire don de ses organes.

Dans cette course contre la montre, tous les versants de l'histoire sont décryptés: le cataclysme familial bien sûr, les amis, les médecins, les spécialistes de la greffe, celui qui est chargé de "négocier" avec les proches, la malade en attente de greffe.

Pas toujours facile de "supporter" un tel livre (j'ai fait quelques pauses), mais l'aspect médical et pyschologique est des plus intéressant. Et, comme je l'ai déjà dit, les mots sont tellement bien choisis, tellement surprenants (elle utilise  le champ lexical  "coeur" dans ses multiples significations par exemple), tellement vrais (c'est ça que l'on ressent surtout, ce roman n'existe pas pour être tape-à-l'oeil ou tire-larmes ou quoi que ce soit de trivial) qu'il vous plongent littéralement dans cette histoire et dans cette réflexion. Le titre lui-même prendra tout son sens à la fin de cette lecture.

Je ne ferai pas la liste de tous les prix qu'elle a récolté, mais elle le mérite. Mais pourquoi je n'avais rien lu d'elle avant?

 

Posté par petitsachem à 21:40 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

28 juillet 2014

2 Gallmeister, et pas un de moins!

0763-coverb-homesman-5357b0995a8e5Homesman de Glendon Swarthout (traduit par Laura Derajinski)

L'histoire méconnue de ces femmes parties vivre dans l'Ouest, au delà de la Frontière, à la fin du 19e. Certaines d'entre elles se sont adaptées à cette vie rude et sans concession, d'autres n'ont pas supporté les rigueurs du climat, l'éloignement, la solitude, le désir des hommes, l'abandon, la perte des êtres chers et ont franchi la frontière qui les séparaient de la folie...

4 d'entre elles doivent être ramenées à la civilisation et, devant la lâcheté des hommes, c'est une femme qui va s'en charger, Mary Bee. Elle a été institutrice, ne s'en laisse pas conter, est célibataire mais encore jeune et vigoureuse. Seulement, malgré toute sa bonne volonté et son courage, mener un chariot à travers les plaines pendant plusieurs semaines tout en s'occupant de ces femmes totalement dépendantes d'elle est impossible. Elle ne trouvera comme compagnon de route qu'un vaurien peu recommandable: menteur, voleur, roublard... bref, tout ce qu'il faut pour mettre du piment!!

Ce roman m'a littéralement transportée dans ces contrées immenses, incertaines et inhospitalières. L'immensité des espaces n'empêchent pas la tension de monter, l'angoisse de vous tenir en haleine, car quoi de pire que de sa battre contre des éléments qui vous dépassent? J'ai beaucoup aimé la fin de ce texte écrit à l'américaine: sobre et puissant à la fois. S'y déploient une émotion et une poésie qui m'ont beaucoup touchée.

Je n'ai pas encore vu le film qu'en a tiré Tommy Lee Jones...

5409-cover-frontiere-53232bcb5072a

  La Dernière frontière de Howard Fast (traduit par Catherine de Palaminy)

Cette fiction tirée d'une histoire vraie raconte l'épopée du retour d'une tribu indienne vers ses anciens territoires. Reclus dans les confins  de l'Oklahoma, ils décident de repartir vers les vertes collines des Black Hills, terre nourricière et protectrice.

Les chapitres décrivant leur retour alternent avec ceux (moins intéressants à mon goût) décrivant les soldats et même les civils ayant pour mission d'arrêter ces 300 indiens, hommes, femmes et enfants faméliques.

Arrive ce moment inoubliable à l'issue de la traversée des Badlands, les bien nommées, et l'apparition fantomatique des survivants que rien ne peut arrêter car, comme le dit un éclaireur indien, "ils sont déjà morts", jusqu'à cette effroyable scène, indigne au possible et totalement inutile...

Un texte fort sur un moment peu glorieux de l'histoire américaine et sur la résistance de quelques uns.

 

Posté par petitsachem à 21:35 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , ,

06 avril 2014

La Grande peur du petit blanc, Frédéric Paulin, éd. Goater Noir

couvpaulin_mDe l'Algérie

Frédéric Paulin a du sacrément se documenter pour ce roman sur la guerre d'Algérie qui, pourtant, semble couler de source.

Il met en place toute une galerie de portraits justes et variés, la plus complète possible pour "embrasser" cette guerre dans toute sa complexité: les soldats français (des engagés fidèles à l'armée vrillée au corps aux soldats lucides et dépités), harkis, fellaghas, putschistes, barbouzes luttant contre les précédents, sans oublier leurs familles, femmes et enfants.

Il nous entraîne, au gré de chapitres aux narrateurs et aux époques changeants, dans une plongée au coeur des "évènements" (combats, fidélité à la France, entrée en résistance, attentats, torture, exil). Ses personnages sont tous très riches, car jamais caricaturaux, et il parvient à leur faire vivre des situations dramatiques qui enchaînent le lecteur à son récit.

L'intrigue centrée sur quatre soldats français et deux algériens aux convictions opposées s'achèvera à Rennes, autour de l'usine Citroën. Car ce dont parle aussi Frédéric Paulin, c'est l'après, le devenir des soldats aux souvenirs traumatisants, des harkis chassés de leurs pays et des fellaghas indésirables après les luttes de pouvoir.

Pour des raisons personnelles, je connais assez bien la condition des appelés en Algérie, et j'ai vraiment appris beaucoup sur la période concernant l'OAS et les barbouzes ainsi que sur l'exil en France.

Un très bon roman, bien construit, qu'on ne lâche plus, avec des personnages dont la destinée ne pourra vous laisser indifférents! Et un auteur que je suis de près et que j'adore quand il écrit des romans avec un arrière-plan historique comme dans la Dignité des psychopates.

Posté par petitsachem à 09:34 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

17 mars 2014

Molosses, Craig Johnson, Gallmeister

 

molosses Le nouveau Craig Johnson est arrivé...

Et je ne l'ai pas lâché une seconde!

C'est un épisode assez atypique, le plus drôle de la série et qui se passe entièrement à Durant, par un froid de gueux.

Ca commence comme ça: "J'avais du mal à obtenir une réponse claire de la part du petit-fils et de son épouse: pour quelle raison leur grand-père s'était-il retrouvé attaché au bout d'une corde de nylon de 35 mètres de long au par-choc arrière de l'Odsmobile Toronado de 1968?"

Et oui, on se le demande... il faut savoir que dans la famille Stewart, propriétaire de la casse du coin et gérante de la déchetterie (oh pardon, le "site municipal de dépôt, tri et récupération des déchets"), on est un peu "cas social" de père en fils.

Cette décharge va d'autant plus intéresser notre shérif préféré qu'on vient d'y retrouver un...pouce.

C'est donc une petite enquête locale apparemment pépère qui se met en place de façon un peu chaotique car Walt Longmire n'est pas très aidé par ses collègues. Non seulement Vic lui tourne autour comme une abeille légèrement agressive à l'approche de la Saint-Valentin, mais Sancho le basque souffre d'un très sérieux SSPT (syndrome de stress et pétoche sur le terrain) qui le rend passablement nerveux. Et, source de stress supplémentaire, sa fille commence à préparer son prochain mariage, avec l'aide d'Henry Standing Bear.

Un roman peuplé de personnages hauts en couleurs, où on ressent fortement l'affection profonde de Craig Johnson pour les personnages atypiques inspirés de personnes qu'il a connues (voir la postface), et agrémenté d'un humour ravageur. Sans parler de son goût pour les vieilles bagnoles et les gros chiens (mais ça c'est une autre histoire!).

old3

 

 

 

Posté par petitsachem à 10:17 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
Tags : , ,



Fin »