jaenadaUn nouveau Jaenada pour la rentrée littéraire! Ce sera ma 1ère lecture de cette rentrée. Il faut dire que, comme de nombreux lecteurs ayant goûté à sa prose depuis Le Chameau sauvage, je suis devenue un peu accro à sa prose bourrée d'autodérision (j'emploie le mot "bourré" à dessein!), ses manières d'ours mal léché, son coeur d'artichaut, son style qui l'air de rien vous touche et vous embarque à sa suite.

Depuis quelques livres, il explore dans des romans-enquêtes des destins hors normes connus surtout pour leurs procès retentissants (Sulak, Pauline Dubuisson) sans se départir de son style habituel. Il en va de même pour celui-ci où, sur les conseils insistants d'un voisin, il enquête sur le procès d'un triple meurtre odieux commis en 1941. Procès où un certain Henri Girard (connu par la suite sous le pseudo de Georges Arnaud, auteur du roman Le Salaire de la peur) que tout accusait fut pourtant acquitté. Coupable ou innocent?

Et dès le 1er chapitre, j'ai replongé dans mon addiction: je suis partie en expédition en province avec cet indécrottable parisien un peu trouillard paniquant à la vue du 1er voyant qui s'allume dans son Opel Meriva de location, avec quelques réminiscences du Club des cinq pour se donner du courage.

Avec lui, vous saurez tout de ce qui a été écrit, dit sur cette affaire par les protagonistes, les enquêteurs ou les journalistes. Vous vous approcherez petit à petit du château/lieu du crime qui semble se dérober à chaque fois. Vous explorerez les archives, les minutes du procès, les correspondances familiales (mes passages préférés).

Philippe Jaenada m'a retournée comme une crêpe plus d'une fois avec cette histoire totalement addictive et déchirante. Une enquête qui donne à voir les ravages que peuvent causer sur un homme les soupçons de culpabilité, en particulier sur un tout jeune homme.

Sous ses airs de légèreté et de bouffonnerie (un jour, son fils lira certains passages qui lui sont consacrés et j'espère qu'il n'en voudra pas trop à son père car c'est tellement drôle pour nous lecteurs!), c'est encore et toujours la profonde humanité de Jaenada qui l'emporte et qui donne envie de conseiller tous ses bouquins (et me rappelle que je n'ai pas encore La Petite femelle, une faute que je vais m'empresser de réparer dès que possible).