12 mars 2009
le navire poursuit sa route, Nordahl Grieg, Les Fondeurs de briques
Les Fondeurs de briques nous offrent encore une petite merveille oubliée écrite dans les années 20 par un auteur norvégien.
Il s'agit du récit d'un jeune marin embarqué à bord d'un cargo en partance pour l'Afrique du Sud, un récit simple et profond à la fois qui nous plonge dans le quotidien des marins: le travail harassant, les dangers venant de la mer ou du bateau, la camaraderie, les disputes, les rivalités entre les équipes...toute une société en miniature.
C'est aussi leurs joies et leurs peines, les lettres tant attendues, les femmes laissées au port, leurs rêves, leurs espoirs déçus.
Et, toujours, plane sur eux l'ombre de la mort (celle du camarade accidenté, la menace des maladies vénériennes) et du temps qui passe, l'idée que leur vie n'est qu'une goutte d'eau dans le vaste monde, que leur mort n'en changera en rien le ...et que le navire poursuit sa route.
Une réflexion riche, profondément humaine et à portée universelle.
14 juin 2008
Ricochets de ...récits de navigation
Il y a quelques années, moi qui suis pourtant une pure terrienne, j'ai sombré avec bonheur dans les récits de navigation et j'y ai découvert que les grands navigateurs pouvaient être aussi de grands auteurs.
Tout a commencé par un livre conseillé par un représentant (merci!): Golden Globe de Peter Nichols (éd. Glénat) qui raconte l'histoire de la 1ère course autour du monde en solitaire et sans escales en 1969. La fine fleur de l'époque y était présente...Ce livre est le livre idéal pour se lancer dans ce domaine: passionnant, plein de suspense, il met en scène cette course de façon fluide et admirable, nous donne la version de chacun des participants. Ça se lit, non ça se dévore ,comme un roman, sans jamais tomber dans le cliché "ils ont vu la mort de près, etc...". Par contre son principal défaut est qu'il donne envie de lire plein d'autres livres du même genre!!!
Et si on aime ce livre, on est obligé de lire Moitessier:
J'ai commencé par La longue route (dispo en poche J'ai Lu) qui raconte la même course vécue par l'auteur. Découvrir Moitessier a été un de mes plus grands plaisirs de lecture: la course prend chez lui une tout autre dimension: elle devient vitale, questionnement sur soi, philosophique, à la fois la chose la plus simple et la plus complexe. On se trouve face à un homme qui ne trouve la paix qu'en mer, qui a eu le courage de tourner le dos au monde pour vivre selon son exigence.
Ensuite, j'ai lu Tamata et l'Alliance du même auteur: son enfance indochinoise, son début de carrière dans l'exploitation du caoutchouc et du commerce, sa passion pour la mer, ses 1ères expéditions, ses errances et sa détermination à aller jusqu'au bout de son rêve. On comprend tout et on aime cet homme avec ses défauts et ses utopies.
Si on lit Moitessier, on y croise le Damien de Janichon et Poncet (chez Transboréal), 2 étudiants qui décide de construire leur propre bateau pour un tour du monde de 5 ans pas très orthodoxe: le Spitzberg, le Groenland, la côte Nord-Est des Etats-Unis, les Antilles (mauvais souvenir), puis la découverte de l'Amazone (dont Janichon tombera amoureux), la descente vers l'Antarctique. Ces deux là sont inexorablement attirés par les glaces (ils font un véritable dico de ses multiples formes), ont vécu de folles aventures, de multiples chavirements. On souffre, on tremble, on jubile avec eux, on vit l'aventure avec eux...sans se mouiller, et je les en remercie!!!
Tous ces auteurs-navigateurs parlent de leur ancêtre Joshua Slocum qui effectua le premier tour du monde en solitaire (avec escales) et en fit le récit dans un livre passionnant (et très beau, paru chez Chiron). Sa démarche, moderne pour l'époque, étonna et enthousiasma. Un récit au parfum un brin suranné parfois, mais on comprend qu'il inspirât tant de vocations.
Il me reste encore quelques Moitessier à lire, et aussi Janichon et Poncet, Yves Parlier, Tabarly, et aussi Vito Dumas et Chichester (épuisé tous les deux, arghh...). Je crois que je vais prendre un congé sabbatique...






