10 octobre 2009
Autres bons romans de la rentrée
Je vous raconterai, Alain Monnier, Flammarion
Un homme perd son travail, sa maison, se retrouve à la rue et ne cherche qu'à disparaître. Mais le hasard met sur son chemin un homme louche qui lui propose de jouer à la roulette russe pour de l'argent devant un public et comme il n'a rien à perdre... Il gagne et devient peu à peu une sorte de demi-dieu bravant la mort.
Ce roman original se perd un peu dans une sombre histoire de vengeance mais on passe quand même un très bon moment de lecture. La façon dont le narrateur s'adresse au lecteur est aussi intéressante car elle le confronte à ses (nos) propres contradictions, entre humanisme bien-pensant et voyeurisme.
Les sentinelles, Bruno Tessarech, Grasset
Un roman passionnant et efficace sur les témoins de la Shoah qui ont tenté de prévenir les Alliés, comme Jan Karski, célèbre résistant polonais qui se voit infligé toutes sortes d'interrogatoires en Angleterre, un homme infiltré dans les SS qui n'arrivera pas à faire passer son message et en deviendra fou. Il y a aussi ce scientifique allemand, Wernher Von Braun l'inventeur des fusées V1 et V2 qui a vu sans voir les prisonniers sacrifiés et qui tiendra plus tard un rôle crucial au sein de la Nasa.
Le passage à la fiction est discutable, la réalité ne suffisait-elle pas? et le personnage fictif permet juste de faire le lien entre ces événements, mais ce roman a tout de même le mérite de rendre ce moment de l'Histoire accessible à tous.
Mal tiempo, David Fauquemberg, Fayard
LES PERDANTS MAGNIFIQUES
Une belle histoire d'hommes. Le face à face de deux boxeurs: l'un Français, "honnête mais digne", un bon boxeur mais sans l'étincelle de génie, l'autre Cubain, LE boxeur né, un talent à l'état pur, mais peut-être pas une machine à gagner pour autant. Le Français est fasciné par ce phénomène, né pour boxer, qui le renvoie à sa condition de boxeur mais aussi d'homme tout simplement.
Fauquemberg écrit ce roman comme un récit de voyage (on ne change pas les bonnes habitudes cf Nullabor) où l'on découvre d'ailleurs un Cuba très réaliste, et comme un voyage aussi au coeur du parcours de ces deux hommes jusqu'à la scène de boxe finale, ultime, magnifique qui clôt ce roman et l'ouvre sur d'autres possibles.
