23 mars 2009
Julius Winsome, Gerard Donovan, Seuil
Julius Winsome est un solitaire qui vit dans une cabane retirée au fond des bois, avec ses livres et son chien. Une vie paisible que l'on envie ou que l'on ne peut comprendre.
Cette quiétude est bientôt troublée par la mort non accidentelle de son chien: quelqu'un lui a tiré dessus à bout portant...Et dans cette région de chasseurs, ce ne sont pas les suspects qui manquent...
Cet acte apparemment gratuit va déclencher une crise de folie sanguinaire chez cet homme, et c'est sans aucun scrupules qu'il va faire justice, à son sens.
Une étonnante histoire, sanglante mais étrangement calme, émaillée de beaux textes littéraires et surtout de phrases et de mots de Shakespeare. Plus Julius s'égare, plus il retrouve le sens des mots inventés par Shakespeare, qu'il avait noté lors de son adolescence. Il est maintenant le seul à les comprendre, contrairement à ses malheureuses victimes.
Ce qui fait la singularité de ce roman, c'est le mélange d'effroi et de poésie.
25 février 2009
A l'angle du renard, Fabienne Juhel, Le Rouergue, coll. la brune
Fabienne Juhel fait partie de ces auteurs que j'affectionne: même si leurs livres ne sont pas parfaits, ils en émanent toujours un parfum reconnaissable entre mille.
Dans celui-ci, elle met en scène un paysan du Centre Bretagne, entre deux âges, vivant de peu, à l'ancienne. Arsène, c'est son nom, vit en célibataire, comme un ours solitaire. Jusqu'à l'installation près de chez lui de nouveaux voisins: un couple de la ville et leurs deux enfants.
La petite est curieuse comme une fouine et parvient à amadouer Arsène. Vive et directe, elle lui rappelle plus les animaux que les humains, et c'est vrai qu'Arsène a un lien particulier avec les animaux, tandis qu'avec les hommes, c'est autre chose...
Là où on ne pourrait trouver qu'un roman classique de choc des cultures, Fabienne Juhel introduit de la cruauté, de la sensualité, de la violence. Une vision singulière des hommes, de l'enfance qui (même si elle n'échappe pas par moments à la caricature et une accumulation un peu trop "mélo" à mon goût de multiples tares familiales) vaut le détour.
20 janvier 2009
L'attente du soir, Tatiana Arfel, Corti
Un premier roman à découvrir
Si vous aimé l'univers du cirque, les contes, les histoires tristes, la petite lueur d'espoir qui scintille...alors vous aimerez ce livre.
Trois histoires se juxtaposent:
Celle de Giacomo, un enfant de la balle, qui va perdurer la métier de ces parents tout en personnalisant son numéro. C'est un clown poétique, subtil mais aussi triste, qui cache ses sentiments mais sait les reconnaître dans le coeur des autres.
Celle de Mlle B., une gamine qui vit au sein d'une famille sans amour, sans regard. Une existence vide, effrayante, d'une froideur sans pareille. On n'en meurt pas certes, mais est-ce une vie?
Celle du môme, un petit gosse abandonné, un enfant sauvage qui vit seul sur un terrain vague comme un animal. Les couleurs sont pour lui le seul langage, le seul réconfort.
Ces trois solitudes qui vont se croiser, se rencontrer...
Un premier roman qui n'est certes pas parfait (il y a quelques longueurs, quelques répétitions, quelques évidences) mais dont se dégage une grande force de suggestion, une richesse dans l'imagination , dans l'évocation de ces trois univers différents, (j'en garderai de très belles images), et surtout une humanité qui fait du bien.



