ricochets

moi, c'est comme ça que je lis... et vous?

26 mai 2009

Nullarbor, David Fauquemberg, Folio

nullarborun road-movie de grande classe     sortie en poche!!!



Nullarbor, c'est un road-movie entre réalité et fiction: un jeune français parti en Australie décide de partir à la recherche du vrai visage de ce pays-continent, fuyant la grande ville et ses mirages.
Commence alors un périple assez classique: rencontres en auto-stop, personnages haut en couleurs, etc...Jusqu'à ce qu'à court d'argent, il s'embarque sur un chalutier de pêche (sans rien y connaître!). On assiste alors à de vraies scènes d'anthologie: la dureté du travail, la cruauté de ces hommes comme "en dehors" de la civilisation, l'épuisement intense.... une expérience au bord de la folie.
Fuyant à nouveau ce cauchemar, il a alors l'occasion de rencontrer quelques aborigènes et surtout Augustus le patriarche: un homme sage, drôle et mystérieux. Avec lui, il découvre leur vie au quotidien: la chasse, la marche dans le bush, la pêche, l'attente des subventions, les saôuleries...Avec Augustus s'entrouve la porte qui donne accès à leur monde.
Le livre s'achève de façon magistrale: le récit fait place au mythe, à la légende. Rêve ou réalité? Qu'importe, cette fin transporte le lecteur, elle donne au récit une profondeur et une ampleur insoupçonnée.
Une réelle découverte, on en redemande...
Prix Nicolas Bouvier 2007.

 

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12 mars 2009

le navire poursuit sa route, Nordahl Grieg, Les Fondeurs de briques

navire
un roman maritime initiatique

 Les Fondeurs de briques nous offrent encore une petite merveille oubliée écrite dans les années 20 par un auteur norvégien.
Il s'agit du récit d'un jeune marin embarqué à bord d'un cargo en partance pour l'Afrique du Sud, un récit simple et profond à la fois qui nous plonge dans le quotidien des marins: le travail harassant, les dangers venant de la mer ou du bateau, la camaraderie, les disputes, les rivalités entre les équipes...toute une société en miniature.
C'est aussi leurs joies et leurs peines, les lettres tant attendues, les femmes laissées au port, leurs rêves, leurs espoirs déçus.
Et, toujours, plane sur eux l'ombre de la mort (celle du camarade accidenté, la menace des maladies vénériennes) et du temps qui passe, l'idée que leur vie n'est qu'une goutte d'eau dans le vaste monde, que leur mort n'en changera en rien le ...et que le navire poursuit sa route.

Une réflexion riche, profondément humaine et à portée universelle.

 

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06 septembre 2008

Ricochets de ...pirates!

Oui, je l'avoue à ma grande honte:

Je n'ai lu l'Ile au trésor de Stevenson qu'il y a 2 ans, soit à un peu plus de 30 balais! mais, comprenez-moi, j'ai vécu une enfance pauvre (en livres...), pas une seule bibliothèque ou librairie à des kilomètres à la ronde (je ne savais même pas ce que c'était!), réduite à lire avec avidité les bouquins de mes frères et soeurs: à peu près 10 fois la Guerre du feu, 20 fois les Club des cinq, 30 fois ce cher Brave Duke (cherchez pas, personne ne connaît!), des contes lus, lus et relus (même pas en version intégrale), leurs prescriptions scolaires (les Séquestrés d'Altona de Sartre, la Dentellière de Lainé, des Molière à donf...), déprimant...

Bon, trêve d'apitoiement, j'essaie maintenant de me rattraper et donc ...L'Ile au trésor
tresor...eh, ben! j'ai adoré, j'ai eu l'impression d'avoir 10 ans, de vivre une aventure fabuleuse, d'être moi-même un pirate! C'était génial!

Et, je ne me suis pas arrêté là: sur les conseils de chères collègues (merci "la Grande), j'ai découvert Moonfleet de Falknermoonfleet. Pas vraiment de la piraterie, plutôt une histoire de contrebandiers anglais à ne pas dormir de la nuit! Ah, la scène de la crypte et de la falaise, j'en frémis encore...en passant, j'en veux toujours à mon chéri qui l'a perdu dans la gare de Rennes, enfin, il a dû faire un heureux!

ile_perroquets

Ensuite vint L'île des Perroquets de Robert Margerit: un vrai roman de pirates, avec l'initiation d'un jeune homme aux règles du métier, plein de péripéties, un trésor, une île et tout, et tout...un vrai bonheur!


Comme j'ai vraiment aimé Stevenson, j'ai lu aussi son Maître de Ballantrae: une sombre histoire entre 2 maitrefrères écossais, presque des doubles inversés, l'un incarnant le Bien, l'autre le Mal, le tout arrosé de multiples aventures (dont une mémorable traversée en mer...avec des ...pirates!), des aventures en pagaille. Bon, j'ai préféré l'île au trésor (on aura compris), mais c'est un roman très riche qui vaut le détour.

Par hasard, un client de la librairie m'a signalé une biographie de Fanny Stevenson (la femme de ..) qu'il avait beaucoup aimé. Qu'est-ce que j'ai fait? je me suis précipitée! et j'ai bien fait...cette fannyfemme-là était exceptionnelle, en avance sur son temps, passionnée. Elle a tout de suite reconnu le talent de Stevenson et l'a encouragé dans son oeuvre. J'avoue que ce livre m'a fait pleurer comme je n'avais jamais pleurer  (et pourtant je ne suis pas du tout larme-à-l'oeil)en lisant une lettre (une vraie) de Fanny Stevenson racontant la mort de son fils.

Pour m'égayer après ça, est venu ce dingue d'anglais de Gidéon Defoe et sa série des Pirates! au éd. du Dilletante. Alors là, imaginez les Monthy Python chez les pirates, c'est tout à fait çà: totalement irrévérencieux et irrespectueux avec les pirates, c'est lamentable, il faudrait prévenir Long John Silver..mais c'est tellement drôle!!!

                                  

pirates1pirates2
                " Quinze marins sur la bahut du mort, yop, ya yo et une bouteille de rhum!"


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14 juin 2008

Ricochets de ...récits de navigation

Il y a quelques années, moi qui suis pourtant une pure terrienne, j'ai sombré avec bonheur dans les récits de navigation et j'y ai découvert que les grands navigateurs pouvaient être aussi de grands auteurs.

Tout a commencé par un livre conseillé par un représentant (merci!): Golden Globe de Peter Nichols (éd.  Glénat) qui raconte l'histoire de la 1ère course autour du monde en solitaire et sans escales en 1969. La fine fleur de l'époque y était présente...Ce livre est le livre idéal pour se lancer dans ce domaine: passionnant, plein de suspense, il met en scène cette course de façon fluide et admirable, nous donne la version de chacun des participants. Ça se lit, non ça se dévore ,comme un roman, sans jamais tomber dans le cliché "ils ont vu la mort de près, etc...". Par contre son principal défaut est qu'il donne envie de lire plein d'autres livres du même genre!!!

Et si on aime ce livre, on est obligé de lire Moitessier:
J'ai commencé par La longue route (dispo en poche J'ai Lu) qui raconte la même course vécue par l'auteur. Découvrir Moitessier a été un de mes plus grands plaisirs de lecture: la course prend chez lui une tout autre dimension:  elle devient vitale, questionnement sur soi, philosophique, à la fois la chose la plus simple et la plus complexe. On se trouve face à un homme qui ne trouve la paix qu'en mer, qui a eu le courage de tourner le dos au monde pour vivre selon son exigence.
Ensuite, j'ai lu Tamata et l'Alliance du même auteur: son enfance indochinoise, son début de  carrière dans l'exploitation du caoutchouc et du commerce, sa passion pour la mer, ses 1ères expéditions, ses errances et sa détermination à aller jusqu'au bout de son rêve. On comprend tout et on aime cet homme avec ses défauts et ses utopies.

Si on lit Moitessier, on y croise le Damien de Janichon et Poncet (chez Transboréal), 2 étudiants qui décide de construire leur propre bateau pour un tour du monde de 5 ans pas très orthodoxe: le Spitzberg, le Groenland, la côte Nord-Est des Etats-Unis, les Antilles (mauvais souvenir), puis la découverte de l'Amazone (dont Janichon tombera amoureux), la descente vers l'Antarctique. Ces deux là sont inexorablement attirés par les glaces (ils  font un véritable dico de ses multiples formes), ont vécu de folles aventures, de multiples chavirements. On souffre, on tremble, on  jubile avec eux, on vit l'aventure avec eux...sans se mouiller, et je les en remercie!!!

Tous ces auteurs-navigateurs parlent de leur ancêtre Joshua Slocum qui effectua le premier tour du monde en solitaire (avec escales) et en fit le récit dans un livre passionnant (et très beau, paru chez Chiron). Sa démarche, moderne pour l'époque, étonna et enthousiasma. Un récit au parfum un brin suranné parfois, mais on comprend qu'il inspirât tant de vocations.

Il me reste encore quelques Moitessier à lire, et aussi Janichon et Poncet, Yves Parlier, Tabarly, et aussi Vito Dumas et Chichester (épuisé tous les deux, arghh...). Je crois que je vais prendre un congé sabbatique...

golden_globemoitessier1moitessier2damienslocum

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26 mars 2008

vingt-cinq ans de solitude

natuhaines

Rêveries Nordiques

Le premier livre édité par Gallmeister est un récit de John Haines, sur ces années passées dans le Grand Nord américain comme trappeur.

Le titre peut porter à confusion car il n'y a pas vécu 25 ans de façon consécutive et pas non plus de façon solitaire, sa femme l'y a accompagné.
Il ne s'agit pas non plus d'un pur récit de voyage, mais plutôt (comme le reflétait si bien le titre anglais "The Stars, the Snow, the Fire") d'un recueil d'impressions, de réflexions sur la nature, la vie de trappeurs, le temps qui passe, sur mille et un détails qu'un citadin serait loin de soupçonner. L'auteur peut, par exemple, parler des chauves-souris pendant un bon moment!

Ce qui se dégage surtout de ce livre, c'est la simplicité et la poésie de l'écriture qui lui confère un pouvoir hypnotique et méditatif.

A lire au calme...

" j'aperçus quelque chose que je pris tout d'abord pour une grande feuille sombre poussée vers moi par le vent. Or il n'y avait pas un souffle de vent. Telle une feuille qui se laisse choir en silence, cela me frôla au passage avant de disparaître derrière la maison. Quelques instants plus tard, la chose fila en zigzag au dessus de ma tête, hors de mon champ de vision, mais cette fois en descendant vers la rivière. Je songeai qu'il s'agissait peut-être d'une hirondelle qui migrait sur le tard, mais la créature semblait trop sombre, trop muette, trop étrange, et à ma connaissance les hirondelles avait quitté le pays depuis longtemps."

"J'eus l'impression qu'elles étaient des créatures chaleureuse, curieuses et amicales, dont la vie entrait momentanément en contact avec la nôtre.
Un autre automne, déjà lointain, se défit de ses feuilles dans le vent. Il ne revint jamais de chauves-souris et les soirs d'octobre me parurent un peu vides en l'absence de cette rare ancêtre."

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