ricochets

moi, c'est comme ça que je lis... et vous?

24 février 2009

La Vague, Todd Strasser, Gawsewitch



vagueComment devient-on Nazi?


Dans les années 60-70, un professeur américain, voyant que ses élèves ne prenaient pas au sérieux son cours sur l'endoctrinement des allemands par les nazis, a décidé, à leur insu, de leur infligé le même traitement:
nouvelles règles, instauration d'une discipline de fer, transmission d'idéaux, sentiment d'appartenance à une élite, etc...
Très vite, les résultats se font sentir: la nouvelle discipline instaurée permet au professeur d'avancer beaucoup plus vite dans son programme, les élèves sont plus à l'écoute. Certains élèves auparavant effacés ou moqués prennent de l'importance, se sentent investis d'une mission.
Tout d'abord, c'est toute la classe qui semble emballé par ce nouvel enseignement, puis cela s'étend à tout le lycée. C'est alors, que quelques rares voix se font entendre: certains élèves se sentent bridés, n'ont plus le droit de faire preuve d'esprit critique.
Le professeur semble perdre la maîtrise de son expérience mais certifie à son supérieur qu'il sait où il va...
On ne sait pas avec certitude si cette expérience a réellement eu lieu, mais peu importe, ce qui est important c'est de montrer avec quelle facilité la propagande et l'endoctrinement peuvent être redoutablement efficaces, et qu'il faut profiter d'être à l'école pour aiguiser son esprit critique...
Un récit édifiant, qui se lit très facilement, où la tension monte crescendo jusqu'au final retentissant.
 

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07 octobre 2008

Les liens du sang, Ceridwen Dovey, éd. Héloïse d'Ormesson

FABLE POLITIQUE

             Un coup d'état raconté par le petit personnel de l'ex-dictateur dans un pays et une époque non-définis.

liens

Le portraitiste, le coiffeur et le cuisinier donne tour à tour leurs versions des faits, ainsi que leurs proches (femmes, fille, amante). Ce n'est pas tant les faits qui sont intéressants que les sentiments étudiés: la culpabilité, le ressentiment, la vengeance.
Une exploration de l'âme humaine très bien écrite, dans un style à la fois simple, limpide et profond. Un roman étonnant qui nous emmène là où on ne s'y attend pas. Une découverte!

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20 avril 2008

Etre Hieronymus Bosch de Anatoli Koroliov, Calmann-Levy

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DE L'ABSURDE A LA RUSSE

Voici un roman à lire au musée du Prado de Madrid. Pourquoi? parce que vous y verrez le Jardin des délices de Bosch. Bon, à défaut du vrai tableau, je vous suggère tout de même de garder un livre sur Bosch à proximité...(?)

En Russie, dans les années 70, un jeune étudiant un peu frondeur est envoyé dans un bataillon disciplinaire perdu en Oural. S'ensuivent des situations les plus absurdes et abracadabrantesques les unes que les autres, racontées dans une langue truculente assortie d'un petit lexique très instructif qui "adoucit" un peu la violence quotidienne et la perversité du système soviétique.
Notre étudiant, nommé lieutenant Koroliov, ne pense qu'à une seule chose: écrire un roman sur Bosch qui "est un peintre flamand du Moyen Âge dont on ne sait presque rien. C'est pourquoi j'ai été séduit par l'idée de lui inventer une vie de toutes pièces". C'est surtout un moyen de s'évader de cet enfer, d'autant que Koroliov a la faculté de se projeter directement à l'époque du célèbre peintre.

Le roman navigue entre les deux époques, devenant une sorte de roman bicéphale, schizophrénique où Koroliov semble peu à peu plongé dans la folie en même temps qu'il se rapproche du mystère Bosch, du secret de la création artistique.

"Te voilà reléguer dans la guéhenne. Ironie du sort: mon projet estudiantin d'écrire un livre sur Bosch se réalise de la manière la plus cruelle.
Le thème principaux des tableaux de Bosch: les supplices des damnés. Ses autels sont tout noirs de la suie des chaudrons posés sur des flammes, où des pêcheurs sont cuits vifs dans de la poix; ses diables sont calcinés comme du charbon ou incandescents comme des écrevisses plongées dans l'eau bouillante.
Bosch, c'est aussi du pavot à opium agrémenter de venin de cobra. Les hallucinations fleurissent au bout de son pinceau, faisant apparaître un Christ enveloppé de rêve, comme drappé dans une chevelure de femme: ainsi le lierre enserre le torse d'un arbre nu.
Le peintre n'a jamais quitté sa petite ville de Hertogenbosch dans le Brabant. Il en a tiré son nom: Bosch.
Hertogenbosch! Le miroir dans lequel s'est reflété aujourd'hui mon Bichkil.
"


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