ricochets

moi, c'est comme ça que je lis... et vous?

17 novembre 2009

L'Hiver indien, Frédéric Roux, Livre de Poche

L'hiver indien               JUBILATION QUAND TU NOUS TIENT!

Ah! ça faisait un moment que je n'avais pas lu un roman aussi drôle, tordant, attachant, réjouissant, et ça fait du bien. Si comme moi vous l'aviez raté en grand format, sautez illico presto sur le poche.

L'histoire se passe dans un coin perdu au Nord-Est des Etats-Unis, dans la réserve indienne des Makahs qui n'ont plus grand-chose d'indien, sinon de vivre de façon pathétique. L'un d'entre eux, en sortant de prison, à l'idée saugrenue de renouer avec une des  traditions de leurs ancêtres, la pêche à la baleine, ce qui a le don de surprendre de prime abord puis bizarrement, ils n'ont à perdre, de créer un certain engouement. Une équipe va donc voir le jour, et quelle équipe: une vraie bande de bras cassés (alcooliques, violents, au bord de la tombe, recherchés par Interpol) bref pas des enfants de coeur, et pourtant on se prend d'affection pour eux et leur projet. Un projet qui n'est pas du goût de tout le monde...

Frédéric Roux écrit là un roman à l'américaine, bourré de références (cinéma, musique...), je vous le dit JU-BI-LA-TOIRE (même si le terme est éculé, on s'en fiche!).

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31 mars 2009

La Tombe du tisserand, Seumas O'Kelly, Attila

tombe

Querelles de vieux os

Deux jeunes fossoyeurs, une veuve et deux vieux se retrouvent dans un antique cimetière afin d'y enterrer un tisserand, le dernier à avoir le privilège de passer l'éternité en ce lieu.

Seuls les deux vieux peuvent retrouver l'emplacement exact qui lui a été alloué, et ce qui devait être un moment solennel devient une véritable foire d'empoigne,  l'orgueil et la vanité l'emportent sur la sagesse des ans. C'est à qui trouvera l'endroit en premier, mais leur mémoire flanche et c'est tout juste si on ne réveille pas les morts!
Dès la première phrase, le décor est planté, on sait qu'on est en Irlande: le paysage, le vieux cimetière à l'abandon "Cloon na morav", les noms de lieux et de personnages.
L'auteur égratigne les vieux, sans concession: menteurs, vantards, égoïstes mais aussi difformes, eperclus de rhumatismes, effrayants...rien ne leur est épargné.
De la simple querelle, on bascule très rapidement vers l'absurde, le grotesque...pour notre plus grand plaisir, et le leur aussi: quoi de mieux qu'une dispute pour se sentir vivant!
On remercie les éditions Attila d'avoir exhumé ce petit bijou du début du 20e siècle, par un auteur inédit en France.

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19 septembre 2008

hôpital d'enfer, Toby Litt, Phébus

hopital

UNE HISTOIRE DE DINGUE!!!!!

Attention, l'auteur de ce livre va prendre plaisir à vous balader!

  1. ça commence comme Urgences, avec une jeune infirmière qui entame son premier jour dans un grand hôpital et tombe immédiatement sous le charme d'un éminent chirurgien (a -t-elle la moindre chance?), bien évidemment convoité de toutes, et bien évidemment bien trop occupé pour la remarquer (?).
  2. ça nous rappelle un peu Vol au-dessus d'un nid de coucou: on sent bien qu'il se passe quelque chose de pas clair( comme ce jeune garçon persuadé qu'un pommier lui pousse dans le ventre, et qui est l'infirmière en caoutchouc?), qu'une menace plane, qu'un mystère va nous être dévoilé (oui, mais pas tout de suite).
  3. ça vous horrifie comme dans Rosemary's baby (mais c'est horrible!!! je ne peux pas en dire plus...)
  4. c'est écoeurant et drôle comme dans la Grande bouffe (quelle orgie!!!)
  5. et ça finit en Apocalypse now...

Bref, une lecture d'enfer à vous faire réfléchir à deux fois avant d'aller à l'hôpital, ou, pour ceux qui y travaillent, à s'interroger sur ces collègues...

(attention tout de même, les oreilles trop chastes ne devraient peut-être pas lire ce roman...quel dommage!)

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20 avril 2008

Etre Hieronymus Bosch de Anatoli Koroliov, Calmann-Levy

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DE L'ABSURDE A LA RUSSE

Voici un roman à lire au musée du Prado de Madrid. Pourquoi? parce que vous y verrez le Jardin des délices de Bosch. Bon, à défaut du vrai tableau, je vous suggère tout de même de garder un livre sur Bosch à proximité...(?)

En Russie, dans les années 70, un jeune étudiant un peu frondeur est envoyé dans un bataillon disciplinaire perdu en Oural. S'ensuivent des situations les plus absurdes et abracadabrantesques les unes que les autres, racontées dans une langue truculente assortie d'un petit lexique très instructif qui "adoucit" un peu la violence quotidienne et la perversité du système soviétique.
Notre étudiant, nommé lieutenant Koroliov, ne pense qu'à une seule chose: écrire un roman sur Bosch qui "est un peintre flamand du Moyen Âge dont on ne sait presque rien. C'est pourquoi j'ai été séduit par l'idée de lui inventer une vie de toutes pièces". C'est surtout un moyen de s'évader de cet enfer, d'autant que Koroliov a la faculté de se projeter directement à l'époque du célèbre peintre.

Le roman navigue entre les deux époques, devenant une sorte de roman bicéphale, schizophrénique où Koroliov semble peu à peu plongé dans la folie en même temps qu'il se rapproche du mystère Bosch, du secret de la création artistique.

"Te voilà reléguer dans la guéhenne. Ironie du sort: mon projet estudiantin d'écrire un livre sur Bosch se réalise de la manière la plus cruelle.
Le thème principaux des tableaux de Bosch: les supplices des damnés. Ses autels sont tout noirs de la suie des chaudrons posés sur des flammes, où des pêcheurs sont cuits vifs dans de la poix; ses diables sont calcinés comme du charbon ou incandescents comme des écrevisses plongées dans l'eau bouillante.
Bosch, c'est aussi du pavot à opium agrémenter de venin de cobra. Les hallucinations fleurissent au bout de son pinceau, faisant apparaître un Christ enveloppé de rêve, comme drappé dans une chevelure de femme: ainsi le lierre enserre le torse d'un arbre nu.
Le peintre n'a jamais quitté sa petite ville de Hertogenbosch dans le Brabant. Il en a tiré son nom: Bosch.
Hertogenbosch! Le miroir dans lequel s'est reflété aujourd'hui mon Bichkil.
"


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