18 mai 2009
Texas, Marijuana et autres saveurs, Terry Southern, Gallmeister
Terry Southern, inconnu en France, est un des chantres de la beat-generation et de la contre-culture américaine des années 60. Surtout connu pour ses scénarios (Easy Rider, Dr Folamour), il est aussi un reporter "gonzo" et un grand écrivain.
En témoigne ce recueil de nouvelles dont la variété de tons et de styles et de propos ne manquera pas de vous surprendre: on passe des récits rudes et poignants du sud texan aux délires psychédéliques (divers et variés), du milieu du jazz à des pièces de théâtre mettant en scène Freud et Kafka, d'histoires hilarantes ou belles à un témoignage "tel quel" sur le débarquement de la Baie des Cochons, etc..
Ce n'est pas un bouquin pour le quel j'ai eu un coup de foudre immédiat, mais que j'ai aimé au fur et à mesure de la lecture et maintenant, rien qu'à relire les titres de ses nouvelles, je me rend compte de la richesse et de l'ampleur de cet écrivain...ça y est, je suis accro, j'ai envie de lire autre chose de lui!!!
P.S.: moi aussi je suis contre la poupée la Petite Cathy qui m'a fait mourir de rire ainsi que mes collègues libraires..
19 avril 2009
Putain d'Olivia, Mark Safranco, éd. 13e Note

Encore un livre que je ne prêterai pas à ma mère...
ou bien elle va croire que je suis devenue dingue ou obsédée, ce qui n'est pas mon cas...c'est juste que c'est un bon bouquin que je n'oserais pas mettre entre toutes les mains!
Imaginez donc un apprenti écrivain "post beat-generation", abreuvé des lectures d'Henry Miller et de Simenon (!), abreuvé aussi d'autres substances, obsédé par le sexe, obligé pour vivre dans une pension miteuse, de rechercher vaillamment des petits boulots lui permettant de poursuivre son rêve d'écriture. Tiens, ça me rappelle Fuck America...
Jusqu'à ce qu'il rencontre l'objet de tous ses fantasmes: Olivia, un véritable "canon", elle aussi passionnée de littérature et d'écriture. Ensemble, ils rêvent de devenir de grands écrivains vivant de leur plume...mais passent tout leur temps au lit, ou à décuiter. Cette relation va se révéler être un véritable désastre avec de rares sursauts de lucidité (dont l'hilarant passage où il trouve un "vrai" travail à la Poste: un pur moment de délire et d'absurde!)
Safranco (parrainé par John Fante) n'y va pas par le dos de la cuillère, dégaine une écriture rock'n roll (très crue) et ne ménage que peu de pause à son lecteur...pour son plus grand plaisir!!!
12 mars 2009
Les Sortilèges de l'Ouest, Rob Schultheis, Gallmeister
...encore et toujours par l'Ouest sauvage.
Un point de vue différent de celui d'Abbey (précédemment cité) à qui on peut reconnaître une forte tendance à la misanthropie, à l'ironie mordante et même à la mauvaise foi (qui font le charme de son personnage!), Rob Schultheis lui est plus "humain", moins asocial.
Il aime autant l'Ouest que les gens qui y vivent, notamment les indiens. Il essaie de comprendre leurs modes de vie actuels et passés, leurs rites, leurs liens avec la nature. Enfant de la beat generation, on sent l'auteur ouvert à la magie des lieux, aux expériences chamaniques. Ne s'arrêtant pas aux frontières des Etats-Unis, il nous emmène au Mexique à la rencontre d'Indiens vivant encore (pour combien de temps?) comme à l'âge de pierre.
Lui aussi a parcouru ces grands espaces en tous sens et connaît parfaitement le fragile équilibre qui les régit. Il dénonce l'utilisation et le détournement abusif de l'eau par les grandes villes californiennes qui ne voient pas le désastre écologique auquel elles participent.
Un magnifique récit poétique, magique mais néanmoins réaliste.
08 janvier 2009
Yegg, Jack Black, Les Fondeurs de Briques
DE L'ART DU VAGABONDAGE...
Jack Black est un américain inconnu en France, remis à l'honneur par la maison d'édition associative Les Fondeurs de Briques, et qui a inspiré les auteurs cultes de la Beat Generation comme Burrough ou Kerouac.
Ce livre, publié en 1927, relate la vie de son auteur: orphelin de mère, son père qui l'envoie dans un institut où il se passionne par hasard pour l'histoire de Jessie James (comment il vécut, comment il mourut...tiens!) et les bandits de grand chemin. Décidé à partir vers l'Ouest, il voyage illégalement dans les wagons, découvre le monde des hobos, les vagabonds ou travailleurs journaliers, et est initié par les yeggs, les cambrioleurs, aux règles et aux codes de leur société.
Nous voyageons avec lui au gré de ces rencontres, et de ces mésaventures, d'Est en Ouest, de wagons en camps de hobos, de prisons en fumeries d'opium, dans les villes de mineurs pleines de salles de jeux, auprès des maisons bourgeoises et de leurs richesses, dans les maisons closes, etc...tout un monde souterrain qui vit en retrait du monde "normal" mais néanmoins régit par par des lois que l'on aurait pas imaginées.
Une lecture très étonnante, d'autant plus que le style n'a pas pris une ride et que son auteur a disparu corps et bien ne laissant pour toute trace qu'une montre et ce livre...



