06 septembre 2008
Ricochets de ...pirates!
Oui, je l'avoue à ma grande honte:
Je n'ai lu l'Ile au trésor de Stevenson qu'il y a 2 ans, soit à un peu plus de 30 balais! mais, comprenez-moi, j'ai vécu une enfance pauvre (en livres...), pas une seule bibliothèque ou librairie à des kilomètres à la ronde (je ne savais même pas ce que c'était!), réduite à lire avec avidité les bouquins de mes frères et soeurs: à peu près 10 fois la Guerre du feu, 20 fois les Club des cinq, 30 fois ce cher Brave Duke (cherchez pas, personne ne connaît!), des contes lus, lus et relus (même pas en version intégrale), leurs prescriptions scolaires (les Séquestrés d'Altona de Sartre, la Dentellière de Lainé, des Molière à donf...), déprimant...
Bon, trêve d'apitoiement, j'essaie maintenant de me rattraper et donc ...L'Ile au trésor
...eh, ben! j'ai adoré, j'ai eu l'impression d'avoir 10 ans, de vivre une aventure fabuleuse, d'être moi-même un pirate! C'était génial!
Et, je ne me suis pas arrêté là: sur les conseils de chères collègues (merci "la Grande), j'ai découvert Moonfleet de Falkner
. Pas vraiment de la piraterie, plutôt une histoire de contrebandiers anglais à ne pas dormir de la nuit! Ah, la scène de la crypte et de la falaise, j'en frémis encore...en passant, j'en veux toujours à mon chéri qui l'a perdu dans la gare de Rennes, enfin, il a dû faire un heureux!
Ensuite vint L'île des Perroquets de Robert Margerit: un vrai roman de pirates, avec l'initiation d'un jeune homme aux règles du métier, plein de péripéties, un trésor, une île et tout, et tout...un vrai bonheur!
Comme j'ai vraiment aimé Stevenson, j'ai lu aussi son Maître de Ballantrae: une sombre histoire entre 2
frères écossais, presque des doubles inversés, l'un incarnant le Bien, l'autre le Mal, le tout arrosé de multiples aventures (dont une mémorable traversée en mer...avec des ...pirates!), des aventures en pagaille. Bon, j'ai préféré l'île au trésor (on aura compris), mais c'est un roman très riche qui vaut le détour.
Par hasard, un client de la librairie m'a signalé une biographie de Fanny Stevenson (la femme de ..) qu'il avait beaucoup aimé. Qu'est-ce que j'ai fait? je me suis précipitée! et j'ai bien fait...cette
femme-là était exceptionnelle, en avance sur son temps, passionnée. Elle a tout de suite reconnu le talent de Stevenson et l'a encouragé dans son oeuvre. J'avoue que ce livre m'a fait pleurer comme je n'avais jamais pleurer (et pourtant je ne suis pas du tout larme-à-l'oeil)en lisant une lettre (une vraie) de Fanny Stevenson racontant la mort de son fils.
Pour m'égayer après ça, est venu ce dingue d'anglais de Gidéon Defoe et sa série des Pirates! au éd. du Dilletante. Alors là, imaginez les Monthy Python chez les pirates, c'est tout à fait çà: totalement irrévérencieux et irrespectueux avec les pirates, c'est lamentable, il faudrait prévenir Long John Silver..mais c'est tellement drôle!!!


" Quinze marins sur la bahut du mort, yop, ya yo et une bouteille de rhum!"
14 juin 2008
Ricochets de ...récits de navigation
Il y a quelques années, moi qui suis pourtant une pure terrienne, j'ai sombré avec bonheur dans les récits de navigation et j'y ai découvert que les grands navigateurs pouvaient être aussi de grands auteurs.
Tout a commencé par un livre conseillé par un représentant (merci!): Golden Globe de Peter Nichols (éd. Glénat) qui raconte l'histoire de la 1ère course autour du monde en solitaire et sans escales en 1969. La fine fleur de l'époque y était présente...Ce livre est le livre idéal pour se lancer dans ce domaine: passionnant, plein de suspense, il met en scène cette course de façon fluide et admirable, nous donne la version de chacun des participants. Ça se lit, non ça se dévore ,comme un roman, sans jamais tomber dans le cliché "ils ont vu la mort de près, etc...". Par contre son principal défaut est qu'il donne envie de lire plein d'autres livres du même genre!!!
Et si on aime ce livre, on est obligé de lire Moitessier:
J'ai commencé par La longue route (dispo en poche J'ai Lu) qui raconte la même course vécue par l'auteur. Découvrir Moitessier a été un de mes plus grands plaisirs de lecture: la course prend chez lui une tout autre dimension: elle devient vitale, questionnement sur soi, philosophique, à la fois la chose la plus simple et la plus complexe. On se trouve face à un homme qui ne trouve la paix qu'en mer, qui a eu le courage de tourner le dos au monde pour vivre selon son exigence.
Ensuite, j'ai lu Tamata et l'Alliance du même auteur: son enfance indochinoise, son début de carrière dans l'exploitation du caoutchouc et du commerce, sa passion pour la mer, ses 1ères expéditions, ses errances et sa détermination à aller jusqu'au bout de son rêve. On comprend tout et on aime cet homme avec ses défauts et ses utopies.
Si on lit Moitessier, on y croise le Damien de Janichon et Poncet (chez Transboréal), 2 étudiants qui décide de construire leur propre bateau pour un tour du monde de 5 ans pas très orthodoxe: le Spitzberg, le Groenland, la côte Nord-Est des Etats-Unis, les Antilles (mauvais souvenir), puis la découverte de l'Amazone (dont Janichon tombera amoureux), la descente vers l'Antarctique. Ces deux là sont inexorablement attirés par les glaces (ils font un véritable dico de ses multiples formes), ont vécu de folles aventures, de multiples chavirements. On souffre, on tremble, on jubile avec eux, on vit l'aventure avec eux...sans se mouiller, et je les en remercie!!!
Tous ces auteurs-navigateurs parlent de leur ancêtre Joshua Slocum qui effectua le premier tour du monde en solitaire (avec escales) et en fit le récit dans un livre passionnant (et très beau, paru chez Chiron). Sa démarche, moderne pour l'époque, étonna et enthousiasma. Un récit au parfum un brin suranné parfois, mais on comprend qu'il inspirât tant de vocations.
Il me reste encore quelques Moitessier à lire, et aussi Janichon et Poncet, Yves Parlier, Tabarly, et aussi Vito Dumas et Chichester (épuisé tous les deux, arghh...). Je crois que je vais prendre un congé sabbatique...






