stationUn roman post-apocalyptique de toute beauté et empli de mélancolie

Juste avant la catastrophe, une petite fille fait partie des figurants d'une pièce de théâtre de Shakespeare. Elle assiste à la crise cardiaque de l'acteur vedette.

On la retrouve des années plus tard au sein d'une troupe de théâtre itinérante jouant exclusivement du Shakespeare dans les rares villes, ou plutôt communautés, regroupant les survivants. Tel un convoi de pionniers, ils arpentent une partie des États-Unis à bord de vieux pick-up tirés par des chevaux. Une troupe de bric et de broc dont la mission rappelle Farenheit 451. Ces communautés s'organisent autour de stations services rendues inutiles ou d'autres reliques de notre quotidien, comme des centres commerciaux ou des aéroports.

S'ils colportent les mots du dramaturge comme pour perpétuer ce que fut notre civilisation, ils éprouvent aussi une grande nostalgie pour les merveilles d'une technologie perdue qui pouvaient vous transporter à l'autre bout du monde comme les avions ou relier les hommes entre eux comme internet et les smartphones (devenus objets de collection). J'avoue que c'est ce qui m'a le plus touchée dans ce roman car c'est évoqué d'une façon très poignante et on se prend à imaginer notre vie sans toutes ces possibilités.

Plusieurs destins s'entremêlent jusqu'à former une trame qui aboutit à réel suspense final.

Un charme fou! mon premier roman de cet auteur mais pas le dernier...

*Traduit de l'anglais (Canada) par Gérard DE CHERGE