20161107_160125Changement  de décor pour ce nouveau  roman de David Vann: pas d'île désolée, pas de grands espaces menaçants mais une banlieue sombre de Seattle, broyeuse de vies.

Caitlin y vit avec sa mère, une femme abîmée par la vie qui cumule les heures de travail pour s'occuper le mieux possible de sa fille. Dans ses moments de solitude,  Caitlin trouve  refuge et quiétude à l'aquarium local. Sa rencontre avec un vieil homme va déclencher un tsunami familial.

Si David Vann tourne la page de son "cycle" sur la famille et les armes à feu, il continue d'explorer le sujet des familles  dysfonctionnelles. Avant de le lire, j'avais beaucoup entendu dire que ce roman marquait un tournant dans son oeuvre mais quand je suis arrivée à un certain passage (je ne veux pas en dire trop), j'ai  bien cru que ce qui fait la marque de fabrique de David Vann, à savoir l'irruption d'un véritable cauchemar éveillé qu'on ne souhaiterait pas à son pire ennemi, recommençait... Et quand on sait jusqu'au peuvent aller ces cauchemars, on frémit, on lit la peur au ventre.

Mais, effectivement, il y a bien un tournant dans ce livre empli d'émotions contradictoires, de souffrances, de haine et d'amour... manqué, perdu, recherché, rejeté.

Lire ce roman, c'est se prendre toutes ces émotions en pleine face, ce qui est une constante chez David Vann (vous serez prévenus).

Traduit par Laura Derajinski

(Et les dessins de poissons sont de qui?)